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Full text of "Géographie du département des Bouches-du-Rhöne"

S? ADOLPHE JOANNE 

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GÉOGRAPHIE 



BOUCHES-DU-RHONE 



21 gravures et une carie 



DC 

611 k 

B753T6> HACHETTE ET C 



1616 





Digitized by the Internet Archive 
in 2013 



http://archive.org/details/gographiedubouchOOjoan 



GÉOGRAPHIE 



DU DEPARTEMENT 



BOUCHES -DU -RHONE 



AVEC UNE CARTE COLORIEE ET 24 GRAVURES 



ADOLPHE JOANNE * 



AUTEUR DU DICTIONNAIRE GEOGRAPHIQUE ET DE L ITINERAIRE 
* GÉNÉRAL DE LA FRANCE 



TROISIEME EDITION 




1*1 



PARIS 
LIBRAIK1E HACHETTE ET G ie 

19, BOULEVARD S AI NT-G ERM AI N , 79 

1879 

Droits de traduction et de reproduction réservés. 



TABLE DES MATIÈRES 



DÉPARTEMENT DES BOUCIIES-DU-RIIONE 

I 1 Nom, formation, situation, limites, superficie 3 

II 2 Physionomie générale 4 

III 3 Cours d'eau 8 

IV 4 Climat 13 

V 5 Curiosités naturelles 14 

VI 6 Histoire 16 

VII 7 Personnages célèbres 28 

VIII 8 Population, langues, culte, instruction publique ... 30 
IX 9 Divisions administratives 51 

X 10 Agriculture 33 

XI 11 Industrie 35 

XII 12 Commerce, chemins de fer, routes 41 

X1I1 15 Dictionnaire des communes 44 



LISTE [DES GRAVURES 

1 La Crau, entre Arles et Marseille 7 

2 L'étang de Berre ' 9 

5 Aqueduc de Roquefavour 11 

4 Vallon de Gémenos 15 

5 Stèle phénicienne (musée du Château-Borély) . ....... 17 

6 Arc de triomphe de Saint-Rcmy 18 

7 Mausolée de Saint- Remy. . 19 

8 Amphithéâtre d'Arles. . 21 

9 Les Baux 25 

40 Statue du roi René, à Aix 24 

11 Château du roi René, à Tarascon. 25 

12 Notre-Dame delà Garde et le Port Vieux, à Marseille. ... 27 

13 Nouveaux bassins de Marseille 39 

14 Viaduc de Saint-Chamas . 43 

15 Cloître de Saint-Sauveur, à Aix 45 

16 Église Saint-Sauveur, à Aix 47 

17 Place Royale, église Saint-Trophime, Obélisque et hôtel de 
ville d'Arles 48 

18 Cloître Saint-Trophime, à Arles. 49 

19 Notre-Dame de la Garde, à Marseille 52 

20 Cathédrale de Marseille 53 

21 Palais de Longchamp, à Marseille 55 

22 Château-Borély, à Marseille " 57 

23 Port de Martigues 59 

r> 24 Portail de Sainte-Marthe, à Tarascon 63 



3J<P 



il 



Typographie A. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. 



DÉPARTEMENT 



BOUCHES-DU-RHONE 



I. _ \oiii. formation, situation, limites, superficie. 

Le département des Bouches-du-Rhône doit son nom aux 
embouchures du Rhône, qui s'y jette par plusieurs bras dans 
la Méditerranée. 

Il a été formé, en 1790, de la partie occidentale de l'une 
des provinces qui constituaient alors la France, la Provence, 
ancien comté compris entre les Alpes, le Dauphiné, le Rhône 
et la mer. 

Le département des Bouches-du-Rhône est situé dans la ré- 
gion méridionale de la France, et Marseille, son chef-lieu, est 
à 865 kilomètres de Paris par le chemin de fer; à 820 kilo- 
mètres de Paris à vol d'oiseau ; à 252 kilomètres de la fron- 
tière italienne. 

Il est borné : au nord, par le département de Vaucluse; à 
l'est, par celui du Yar ; au sud, par la Méditerranée ; à l'ouest, 
parle département du Gard. A l'exception de la ligne fictive 
qui forme ses limites du côté du Var, il a presque partout des 
frontières naturelles : au nord, la Durance, sur 96 kilomètres; 
à l'ouest, le Rhône, sur 85 kilomètres ; au midi, la mer, sur 
près de 190 kilomètres. 

Sa superficie est de 510,487 hectares. Sa plus grande lon- 
gueur,— du nord-est au sud-ouest, du confluent de la Durance 
et du Yerdon à l'embouchure du Rhône-Vif, — est de 132 kilo- 
mètres ; sa plus grande largeur, — du nord au sud, de l'em- 



4 ttOUCHES-IW-IUlONE. 

bouchure delà Durance à celle du Galéjon, — est de 58 kilomè- 
tres. Enfin, son pourtour, en tenant compte des principales 
sinuosités de la côte, est de 460 kilomètres environ. 

II. — Physionomie générale. 

Le département des Bouches-du-Rhône est l'un de nos vingt- 
quatre départements maritimes : l'étendue de ses côtes, en 
nombres ronds, est de 200 kilomètres. La Méditerranée, qui le 
baigne, met en communication l'Europe, l'Asie et l'Afrique. 

Les côtes peuvent être divisées en deux parties, séparées par 
le port de Bouc. La première, comprenant les plages qui s'é- 
tendent de Port-de-Bouc au département du Gard, est basse, ma- 
récageuse et modifiée d'année en année par les dépôts limoneux 
du Rhône. La partie orientale de la côte est, au contraire, 
montagneuse, découpée de nombreux ports et d'anses plus 
ou moins enfoncées que l'on nomme calanques. Le port de 
Marseille se trouve à peu près au centre de cette côte, abrité, 
défendu ou avoisiné par les îles de Pomègue , de Ratonneau, 
de Maire, de Jarre, de Riou, le château d'If, etc. 

Depuis le golfe des Lèques, point extrême du département, 
jusqu'au golfe de Fos qui avoisiné le Rhône, on trouve les 
ports de: la Giotat, Cassis, Pormiou, Marseille, Carri-le-Rouet, 
Sausset, Ponteau, Port-de-Bouc. Mais, sur un grand nombre 
d'autres points, la côte est tout à fait inabordable, et, sur 
quelques-uns, les rochers taillés à pic atteignent une hauteur 
de plusieurs centaines de mètres. 

L'intérieur du déparlement offre les mêmes différences 
que la côte maritime : il est, sur les trois quarts de son éten- 
due, hérissé de montagnes et de collines; l'autre quart, c'est- 
à-dire la région comprise entre le petit Rhône, Arles, Salon, 
Saint-Chamas, l'étang de Berre, Fos et la mer, offre à peine 
quelques monticules. 

Les montagnes appartiennent à cinq chaînes principales : 
les Alpines, la Trévaresse, la Sainte- Victoire, la Sainte-Baume, 
et l'Étoile. 



PHYSIONOMIE GÉNÉRALE. 

La chaîne des Alpines, qui a dû autrefois être reliée au 
Lubéron (Vaucluse), est un prolongement des Alpes ; elle es 
comprise entre la Durance et le canal de Crapponne, et va mou- 
rir, au nord, sur les rives du Rhône, au sud, dans les plaines 
de la Grau. Aussi déchirées, aussi escarpées que les moins ar- 
rosés et les plus ravinés de tous les monts de Vaucluse et de la 
Drôme, les Alpines se composent d'un groupe central, appelé 
monts (VAtireille, et des chaînons de Roquemartine, tYOrgon 
et de Saint-Rémy. Les points les plus élevés sont: le mont 
des Aupies (492 mètres); la Chaume (386 mètres); le Défends 
(309 mètres) ; les Baux (209 mètres) ; le plateau de Roque- 
martine (125 mètres). 

La Trévaresse, stérile et déchiquetée, est comprise entre 
la plaine de la Durance, le vallon delaTouloubreet la dépres- 
sion du canal de Crapponne. Sa direction générale est du nord- 
est au sud-ouest; elle a 35 kilomètres depuis la Vaulubrière 
jusqu'à la vallée de Lamanon et se compose de trois groupes : 
le groupe de Trévaresse proprement dit, celui des Côtes et ce- 
lui de Vernègues. C'est dans le groupe de la Trévaresse que se 
trouve le volcan éteint de Beaulieu, près des sources de la 
Concernade. Les points les plus élevés de cette chaîne sont : 
la Fin*de la Trévaresse (520 mètres) ; Saint-Jean de la Tré- 
varesse (482 mètres) ; la Bidtedu Signal, au volcan de Beau- 
lieu (432 mètres). 

Nue aussi, dévastée et sèche, la chaîne de Sainte-Vic- 
toire est comprise entre la Durance, la Touloubrc, l'Arc et 
l'étang de Berre. Projetée du département du Var, elle entre 
dans les Bouches-du-Rhône par le chaînon du Grand-Samhuc 
et le chaînon de Sainte-Victoire, auquel s'adossent le Cen~ 
gle et le plateau de la Pallière, semé de trous, de fissures où 
s'abîment les eaux. D'Aix à l'étang de Berre règne le chaînon 
d'Éguilles. La longueur totale de la Sainte-Victoire est de 60 
kilomètres, et sa direction générale du nord-est au sud-ouest. 
Ses points culminants sont : la croix de Sainte-Victoire, rele- 
vée en 1873 (963 mètres), et le sommet de la Confosse. 
(760 mètres). 



6 BOUCHES-DU-RHONE. 

La chaîne de la Sainte-Baume a son nœud central dans 
le département du Var. La partie qui s'élève dans les Bouches- 
du-Rhône est formée des trois branches : de Roussargues, de 
Roquefort et de la Gardiole; la dernière borde la Méditerra- 
née par de magnifiques escarpements. Ces trois branches for- 
ment dans leur ensemble un demi-cercle, ouvert du côté du 
sud-ouest, et dont la corde a 30 kilomètres de longueur, de- 
puis la limite ouest du département jusqu'à Notre-Dame de la 
Garde à Marseille. Les îles du golfe de Marseille appartiennent 
à cette chaîne et tout porte à croire qu'autrefois elles étaient 
reliées au continent. Le Raou de Rretagne (1043 mètres), qui 
commande le bassin de Cuges, est à la fois le point culminant 
de la chaîne et du département. Les autres sommets de la 
chaîne appartenant aux Bouches-du-Rhône sont : la Tête de 
Roussargues (860 mètres) , au-dessus d'Aubagne et de 
Gémenos ; le Carpiagne (646 mètres), entre l'Huveaune et 
la mer ; la Tête-de-Puget (633 mètres) ; Saint-Cijr (659 
mètres) ; Marseilleveire (467 mètres) ; Canaille (416 mètres) ; 
Notre-Dame de la Garde (150 mètres). 

La chaîne de l'Étoile s'étend de l'Arc à 1'Huveaune, de 
l'étang de Berre et de la mer aux limites du département des 
Bouches-du-Rhône, et même au delà dans le Var. Les plus 
hauts sommets se trouvent dans le massif central, au chaînon 
de l'Étoile, entre Marseille, Aubagne, Roquevaire et Gardanne: 
là se groupent le mont Mimet (758 mètres), le Garlaban (722 
mètres), le Pilon du Roi (712 mètres), le Castellas (675 mè- 
tres), Y Étoile (598 mètres), Notre-Dame-des-Anges (546 mè- 
tres). Le mont Oouripo ou Olympe (794 mètres), qui domine 
Trets, s'élève dans le chaînon du Régagnas, relié au massif 
central par le plateau de la Pomme (300 à 450 mètres). A 
l'ouest, le plateau de la Viste(m mètres) rattache au même 
groupe central le chaînon de Vitrolles et celui de VEstaque, 
coupé par le célèbre tunnel de la Nerte. 

Les parties basses du département sont la Grau et la Ca- 
.m argue. 

La Grau, vaste plaine caillouteuse dont la formation est 



PHYSIONOMIE GENERALE. 7 

due au Rhône, est comprise entre le canal des Vidanges (com- 
mune d'Arles), et les communes d'Eyguières, de Salon, d'Is- 
tres et de Fos. Jadis complètement inculte et propre en hiver 
seulement à la nourriture des hêtes à laines, elle est aujour- 
d'hui défrichée en partie. Cependant plus de 20,000 hectares 
de la surface de la Cran, qui en comprend environ 55,000, 
sont encore tels qu'ils étaient jadis, c'est-à-dire arides et in- 
cultes. 

La Crau se subdivise en Craude Vergère, Crau de la Lieu- 
tenante, Les Constières, Saint-Martin de Crau, Crau sur 




-". .. <^ I..V ^> 

La Crau, entre Arles et Marseille. 



Durance et Cote Haute. Elle est arrosée partiellement par les 
canaux de Crapponne, des Alpines, de Langlade et d'Istres. Le 
sol de la Crau est peu élevé ; les collines les plus importantes 
(50 à 100 mètres) sont situées à son extrémité orientale, aux 
environs de Salon. La Crau est traversée dans toute sa lon- 
gueur par le chemin de fer de Lyon à Marseille. 

La Camargue, vaste delta compris entre les deux bran- 
ches principales du Rhône, a été formée par le fleuve dont les 
alluvions l'agrandissent sans cesse. Elle se subdivise en huit 
sections : la Corrége, au sommet du delta ; YAlbaron, où se 



8 BOUCHES-Dlî-RHONE. 

trouve un château ruiné ; Montlong et Crau-de-Mar ; Petite 
Montlong, qui touche à l'étang de Valcarcs ; Méjanes ; la Vi- 
gnole et Valcarès, occupées en grande partie par les eaux et 
les salines ; la grande Camargue, où se trouvent Villeneuve, le 
Sambuc et le château Davignon; l'île du Plan- dit-Bourg, où 
l'on rencontre des bœufs et des chevaux sauvages. De ces hui 
sections, aucune n'est cultivée en entier. Sur 74,000 hectares, 
la Camargue en a à peine 15,000 à l'état de culture; le reste 
est frappé de stérilité par l'excès de sel que renferme le sol. 
Il n'y a qu'un village, celui des Saintes-Mariés. 

Les étangs et les marais occupent une partie considérable 
du département : parmi les étangs, les uns sont sans profon- 
deur comme ceux de Valcarcs, de Fournelet, de Roscaillon, 
de Faraman, dans la Camargue ; ceux de Meyranne, de Dé- 
zeaumes, de la Peluque, etc., dans la Crau. Les autres sont 
propres à la navigation et les navires mêmes peuvent y péné- 
trer : le plus considérable, l'étang de Berre, a 22 kilo- 
mètres de longueur, 6 à 14 de largeur, 72 kilomètres de cir- 
conférence et plus de 15,000 hectares de superficie. Sa 
profondeur varie de 5 à 10 mètres. Il est bordé en certains 
endroits d'importantes salines, - et, sur presque tout son con- 
tour, de collines dont les pentes sont chargées de vignes, 
d'oliviers, d'amandiers. L'étang de Berre vaudra, comme 
étendue et comme sûreté, la rade de Brest, lorsque le chenal 
de Bouc, déjà assez profond pour donner entrée aux navires 
de commerce, pourra recevoir les vaisseaux de guerre; il lui 
est d'ailleurs supérieur comme facilité d'accès. 

III. — Cours d'eau* 

Le département des Bouches-du-Rhône appartient tout en- 
tier au bassin de la Méditerranée ; ses eaux s'y versent par 
le Rhône, par le chenal de Port-de-Bouc , et par l'HuYeaune. 

Le Rhône naît en Suisse, à 1,800 mètres environ d'alti- 
tude, au pied du glacier dont il porte le nom, dans le canton 



COURS D'EAU. 9 

du Valais, traverse le lac de Genève, puis arrose Lyon, Valence 
et Avignon. Il appartient au département des Bouches-du- 
Rhône, sur un parcours de 85 kilomètres, depuis son confluent 
avec la Durance, à 2 kilomètres de Barbenlane, jusqu'à son 
embouchure principale dans la mer, à 45 kilomètres d'Arles 
et 7 kil. 1/2 de la Tour-Saint-Louis. Il arrose les communes 
de Barbentaue, Boulbon, Mézoargues et Tarascon. En amont 
d'Arles, le fleuve se dédouble: à gauche coule le Grand- 
Rhô'ie, entraînant les trois quarts des eaux du fleuve, à droit 




Étang de Berre. 



le Petit-Rhône. Entre les deux bras s'étend la Camargue ou 
delta du Rhône. 

Sa pente depuis son entrée sur le territoire du département 
jusqu'à la mer est de 18 mètres. Sa largeur est à Arles de 
450 mètres, à la Tour-Saint-Louis de 510. Le débit maximum 
de ses eaux est de 14,000 mètres, et le débit minimum de 
500 mètres seulement. Sa profondeur varie de 15 à 18 mètres. 

Le Rhône offre deux particularités : les déplacements suc- 
cessifs de son lit et les atterrissements énormes qu'il produit. 



10 BOUCHES-DU-RHONE. 

Le Plan-du-Bourg est un démembrement de la Camargue opéré 
à une époque inconnue, par un déplacement violent du cours 
du Rhône, qui coulait autrefois beaucoup plus à l'est. C'est 
cette ancienne branche du Rhône qu'on appelle Bras-Mort. 
Quant au dépôt de limon, il est annuellement de cinq millions 
de mètres cubes. La tour Saint-Louis, construite en 1737, sur 
le bord de la mer , en est aujourd'hui distante de 7 kilomètres 
et demi. 

Le Rhône ne reçoit dans le département qu'un affluent, la 
Durance. 

La Durance prend sa source dans les Hautes-Alpes, à 
quelques kilomètres au-dessus de Briançon. Elle commence à 
séparer la département des Bouches-du-Rhône de celui de 
Vaucluse, un peu au-dessous du confluent du Yerdon, baigne 
les communes de Saint-Paul, Jouques, Peyrolles, Puy-Sainte- 
Réparade, Saint-Estève-Janson, la Roque-d'Anthéron, Charleval, 
Mallemort, Sénas, Orgon, Saint-Andiol, Cabanes, Noves^ 
Rognonas et Barbentane. Elle se jette dans le Rhône à l'extré- 
mité de la commune de Barbentane, à k kilomètres au-dessous 
d'Avignon. 

C'est à la Durance qu'ont été faites les prises d'eau des ca- 
naux d'arrosage de Cadarache, de Puy-Sainte-Réparade, de 
Marseille, de Crapponne , de Boisgelin , des Alpines, de 
Sénas, de Cabanes et de Châteaurenard. Cette rivière n'est pas 
navigable mais elle est flottable. Son lit est un immense champ 
de pierre trop étroit en hiver, mais à moitié desséché en été, 
dont la largeur varie de 1,000 à 2,000 mètres. Elle débite à 
l'étiage 70 mètres cubes et dans les plus grandes crues 
0,000 mètres. La pente est de 2 à 3 millim. par mètre. La 
hauteur des plus grandes crues varie de 5 à 6 mètres. La 
Durance reçoit : — au-dessus du château de Cadarache, le 
Verdon (170 kilomètres), rivière considérable née dans les 
Basses-Alpes , qui n'appartient aux Bouches-du-Rhône que par 
son embouchure et qui alimente le canal d'Aix; — en amont 
de Peyrolles, le Riaou dont les principales sources, appelées 
bouillidous, jaillissent au-dessus de Jouques, à ïraconade. 




ÏÏm 

■HP". 



12 BOUCHES-DU-RIIONE. 

Les canaux principaux qui vont porter la fraîcheur et la 
richesse dans les environs de Marseille, d'Aix et dans la Crau, 
sont : 

1° Le canal de Marseille, qui traverse la chaîne d'Eguilles, 
passe sur le magnifique aqueduc de Roquefavour, et, parvenu 
sur le territoire de Marseille, se subdivise en quatre dériva- 
tions d'une longueur de 51,728 mètres et en rigoles d'une 
longueur de 220 kilomètres. Le canal d'amené a 81,505 mè- 
tres, et le canal distributeur 58,000 mètres. 

2° Le canal de Crapponne, qui a 55 kilomètres de longueur 
sur la branche-mère, et se divise en deux branches : celle d'Ar- 
les et celle de Salon, dont le développement, non compris les 
rigoles secondaires, est de 145,582 mètres; 

5° Le canal des Alpines, qui se divise, après un parcours de 
1,685 mètres, en branche septentrionale et en branche méri- 
dionale; 

¥ Le canal de Verdon, qui arrose le territoire d'Aix et les 
communes environnantes. La branche-mère dont la prise a 
lieu à la rivière du Verdon, près de Quinson (Basses-Alpes), a 
82,075 mètres de longueur. Huit dérivations principales, d'une 
longueur totale de 75,759 mètres, et cinq autres petites bran- 
ches arrosent : Aix, Saint-Cannat, Lambesc, Rognes, Éguilles 
et le Tholonet. 

L'étang de Berre, qui se déverse dans la mer par le chenal 
de Port-de-Bouc, reçoit l'Arc et la Touloubre. 

L'Arc ou Lar a sa source près de Pourcieux (Var). Il coule 
d'abord au nord de Trets, s'augmente, au Tholonet, de la Colle, 
torrent descendu de la chaîne Sainte-Victoire, passe à 2 kilo- 
mètres au sud-ouest d'Aix, puis sous le magnifique aqueduc de 
Roquefavour, reçoit le trop-plein du canal de Marseille et vient 
déboucher, à 4 kilomètres de Berre, dans l'étang de ce nom. 
Son parcours, dans le département des Bouches-du-Rhône, est 
de 80 kilomètres. 

La Touloubre (70 kilomètres) a ses origines près de Venel- 
les, dans des monts de la Tréveresse. Elle se grossit de divers 
ruisseaux, et, près de laBarbcn, delà Concernade, qui a sa 



CLIMAT. 15 

source au pied de l'ancien volcan de Beaulieu, baigne Lam- 
besc, passe à Pélissanne, à Grans, à Cornillon, et vient sejeter 
dans l'étang de Berre, à 5 kilomètres de Saint-Chamas. 

I Huveaune est un fleuve côtier, c'est-à-dire qui a^sa 
source non loin de la mer. Ii naît un peu au-dessus de Saint- 
Zacharie, dans le Var, traverse Auriol, où il reçoit le Merlan- 
çon et le Vède, baigne Roquevaire, arrose Aubagne, où il reçoit 
le Fauge de Saint-Pons, qui vient de Gémenos, puis la Penne, 
et alimente plusieurs villages importants de la banlieue de 
Marseille : Saint-Menet, Saint-Marcel, Saint-Loup, la Pomme. 
11 vient se jeter à la mer, après avoir reçu le Jarret, descendu 
des montagnes de l'Etoile, entre l'extrémité du Prado et le Châ- 
teau-Borély. Son cours, dans le département des Bouches-du- 
Rhône,est de 56 kilomètres. 

IV. — Climat. 

Le sol du département offre des différences d'altitude trop 
considérables pour qu'on puisse envisager le climat dans son en- 
semble. La région montagneuse est nécessairement plus froide 
que celle du littoral, les pluies tombant d'une façon inégale dans 
les deux contrées et les vents n'y soufflant pas avec la même 
violence. On peut dire cependant que le climat qui règne dans 
le département, le climat méditerranéen, l'un des sept qui se 
partagent la France, est le plus beau de la France et môme 
l'un des plus agréables que l'on connaisse, quand le mistral ne 
souffle pas. Le ciel y est pur, et l'atmosphère sèche. 

La température moyenne est de 14°,o6 : c'est 4°, 28 de cha- 
leur moyenne de plus qu'à Paris, et 3° de moins qu'à Rome. 
Les variations sont moins brusques qu'on ne le croit généra- 
lement. Les jours de vent violent diminuent depuis quelques 
années d'une manière sensible, et la cause en est attribuée aux 
nombreux canaux d'arrosage dont les départements de Vau- 
cluse et des Bouches-du-Rhone sont sillonnés. 

A mesure que les jours d'orage et de pluie augmentent, 
la végétation, plus vigoureuse, rend les effets directs du 



14 BOUCHES-DU-RHONE. 

mistral (vent du N.-O.) moins désastreux. Le mistral est, 
du reste, nécessaire pour purifier les parties basses du dépar- 
tement qui, sans lui, seraient complètement insalubres et 
inhabitables. A Marseille, la hauteur moyenne des pluies est 
de 512 millimètres; mais, sur les bords de la Durance, il 
tombe 600 millimètres d'eau par an et même 800 vers le 
confluent du Verdon. Dans la partie la plus montagneuse, à 
Gréasque, la moyenne est de 691 millimètres. En d'autres 
termes, si toute l'eau tombée du ciel dans l'année restait sur 
le sol sans être absorbée par la terre ou évaporée par le soleil, 
on recueillerait, dans les douze mois, une nappe d'eau profonde 
de 512 millimètres à Marseille, de 600 et même de 800 sur 
les bords de la Durance, et de 691 dans les environs de Gar- 
danne. 

% . — Curiosités naturelles. 

Le département renferme un grand nombre de sites très- 
pittoresques, des vallons charmants, des grottes curieuses. Au 
point de vue de la géologie, le volcan éteint de Beaulieu 
(Rjognes), dans les montagnes de la Trévaresse, la commune 
de Martigues, celles de Cassis et d'Allauch, sont fort remarqua- 
bles. 

Les rochers des Baux, le mont Canaille (Cassis), le Bec de 
V Aigle, près de la Ciotat, offrent des aspects superbes. 

Les vallons agréables sont nombreux. Ceux qui méritent 
d'être visités sont : celui de Saint-Pons (Gémenos), au fond du- 
quel jaillit une belle source, auprès des ruines d'un monastère 
du treizième siècle; le vallon desAygalades (Marseille), le vallon 
des Masques près d'Aubagne, sorte de défilé sombre et étroit, 
où l'on voit des cascades, des rochers et des grottes ; celui du 
Tholonet, qu'alimente un ruisseau abondant; et surtout celu 
de Koquefavour, que traverse le magnifique aqueduc du canal 
de Marseille. 

Près de Yauvenargues s'ouvre le fameux gouffre de Garagaï 
où Marius, d'après la tradition, aurait fait précipiter cent pri- 
sonniers ambrons. 



CURIOSITÉS NATURELLES. 



15 



Les calanques pittoresques et les grottes marines sont com- 
munes sur les côtes de l'arrondissement de Marseille. La plus 
belle de ces anses est celle de Pormiou, où une puissante source 
jaillit du fond de l'eau. 




Vallon de Gémenos. 



Parmi les étangs, on doit citer V étang de Lavalduc, qui est 
à 10 mètres au-dessous du niveau de la mer, bien qu'il en soit 
à peine séparé par une langue de terre large de 800 mètres. 



16 150UCUES-DU-R1I0NE. 

Les grottes les plus remarquables sont : celles de la Baume- 
Rolland, la Banme-Loubière, sur le territoire de Marseille ; le 
Regage, dans la commune de Cassis ; la grotte de Lascours , dans 
les environs d'Aubagne. Les plus célèbres sont celles de Cales, 
près de Lamanon : elles forment plusieurs étages et ont évidem- 
ment été habitées à diverses époques, et notamment à l'époque 
celtique. 

VI. — Histoire. 

Les premiers habitants de la Provence (la Provincia par 
excellence, des Romains) furent, dit-on les Salyens et les Celtoli- 
gyens, peuplades ligures auxquelles s'étaient mêlés les Celtes 
ou Gaulois. Les Salyens, qui occupaient principalement le terri- 
toire du département actuel, se subdivisaient en Salyens pro- 
prement dits, établis dans l'intérieur des terres, aux environs 
de Salon et d'Aix, et en Cœnobrigiens , disséminés le long 
des cours d'eau et du littoral maritime, dans la vallée de 
lTluveaune et dans le voisinage de Berre et d'Arles. 

Mille ans avant l'ère chrétienne, les Phéniciens, puis les 
Carthaginois apportèrent en Provence leur civilisation. Ce n'est 
que bien plus tard que les Phocéens ou Grecs asiatiques vin- 
rent s'emparer des possessions et établissements maritimes de 
leurs rivaux et s'implantèrent si bien à Massalia qu'on leur 
en a attribué la fondation. Cela se passait 600 ans environ 
avant J.-C. Mal vus par les Salyens, les colons massaliètes 
durent soutenir la lutte contre leurs voisins. Ils battirent 
Comanus, fils de Nanus, roi des Cœnobrigiens, et s'établirent 
enfin solidement dans leur nouvelle patrie. De nouveaux émi- 
grants de la même race (Phocéens repoussés par les conquêtes 
de Cyrus) se joignirent à eux en 537 ; et, en peu d'années, 
l'ancien comptoir carthaginois devint une cité grecque floris- 
sante, dont les vaisseaux remontèrent, dit-on, jusqu'à la 
côle danoise avec Pythéas, et touchèrent au Sénégal avec 
Euthymènes. 

Massalia avait pour voisins les Celtoligyens, qui peu à peu 



HISTOIRE. 17 

refoulés des côtes vers l'intérieur des terres par ses envahisse- 
ments progressifs, attaquèrent les colonies massaliètes de Nice 
et d'Antibes. Incapable de lutter sur terre, Massalia implora 
l'alliance de Rome, qui, profitant du prétexte pour pénétrer 
dans les Gaules, envoya une armée écraser les tribus sou- 
levées en Celto-Ligurie (154 avant J.-C). Mais les Romains 




Stèle phénicienne (musée du Château-B'orély). 

s'adjugèrent les terres de l'intérieur, où ils fondèrent la ville 
d' Aquœ Sextice (Aix), non loin de laquelle Marins devait plus 
tard (102 avant J.-C.) anéantir les hordes teutoniques. C'était 
la première conquête de Rome sur le territoire gaulois. La 
Gaule celtique s'émut, et les Arvernes attaquèrent les Romains ; 
mais ils furent entièrement défaits. La Celto-Ligurie devint 



18 BOUCIIES-DU-RHONE. 

désormais une province romaine (114 avant J.-C ). Elle 
resta depuis la province par excellence, d : où son nom de 
Provence. 

A l'époque delà lutte de César et de Pompée, Massalia s'é- 
tait déclarée pour Pompée à qui la liaient des services rendus. 
César l'assiégea, finit par s'en emparer après une défense hé- 
roïque, y mit une garnison, lui enleva ses colonies et une 




Arc de triomphe de Saint-Rcmy. 

grande partie de son territoire, et ne lui laissa que la liberté 
de se régir elle-même. 

Sous les empereurs romains, la Provence fut aussi floris- 
sante que tous les autres pays soumis à leur domination. Des 
aqueducs, des ponts, des théâtres, des temples, des thermes, 
etc., s'élevèrent dans toutes ses villes. Arles était surnommée 
h petite Rome des Gaules. 

D'après une tradition éminemment provençale, le christia- 
nisme fut apporté de Judée par saint Lazare et les saintes 




Mausolée de Saint-Remy. 



20 BOUCHES-DU-R1IOKE. 

Marthe et Madeleine. Ses progrès, lents mais sûrs, ne furent 
pourtant constatés quel' an 240, époque à laquelle Fabien, qui 
occupait le siège de Rome, envoya dans la Provence sept évo- 
ques. Les persécutions de Valérieu et de Dioctétien ne dimi- 
nuèrent pas le nombre des fidèles. Arles s'éleva bientôt au 
premier rang parmi les églises de la Gaule et ses évêques re- 
çurent un droit de primatie sur ceux de Narbonne. 

Lorsque Constantin embrassa la religion du Christ, les Pro- 
vençaux purent se livrer librement à l'exercice du culte nou- 
veau; ils résistèrent même aux premiers schismes qui ne tar- 
dèrent pas à se produire dans l'Église. C'est à Arles que se 
tint, en 514, le célèbre concile dans lequel les Donatistes 
furent condamnés. 

Des révolutions politiques s'opérèrent alors dans les Gaules. 

La Narbonnaise fut divisée en deux provinces, et Aix devint 
la capitale de celle des deux qui garda le nom de Provence. 

Au cinquième siècle, eurent lieu les premières invasions 
des Barbares; celle des Goths fut arrêtée, devant Arles, par le 
gouverneur de la Viennoise (407). Mais, en 484, Gondebaud, 
roi des Bourguignons, déjà maître de Cavaillon, d'Orange, 
d'Apt, pusse la Durance, s'empare d'Aix, de Marseille et de 
toute la Provence. Clovis, roi des Francs, se ligue avec lui 
et vient mettre le siège devant Arles, qui lui résiste vaillam- 
ment. 

Après la mort de Clovis et de Théodoric, leurs successeurs 
se livrèrent de longs combats à la suite desquels les Francs 
restèrent maîtres de presque toutes les Gaules. 

En 567, la Provence fut divisée en deux parties : l'une, 
ayant Marseille pour capitale, échut à Sigtbert, roi d'Austra- 
sie ; l'antre, dont Arles fut le chef-lieu, appartint à Gontran, 
roi de Bourgogne. Les invasions des Lombards et des Saxons 
y causèrent de grands ravages. Si ces derniers furent défaits 
et chassés en Auvergne, les Lombards ravagèrent le territoire 
d'Arles et rançonnèrent Aix. Les invasions des Sarrasins qui 
suivirent furent encore plus désastreuses. 

La Provence, délivrée enfin des envahisseurs, jouit de quel- 



HISTOIRE. 



'21 



ques années de tranquillité pendant le règne de Charlcmagne. 
Mais, après la mort du grand empereur d'Occident, les loca- 
lités voisines des côtes et du Rhône lurent pendant plus «l'un 
demi siècle exposées aux attaques et au pillage des Arabes 
et des Normands. 

Érigée en royaume, la Provence occidentale, après avoir 
appartenu à Charles II, échut à Louis II. En 875, Boson s'en 
empara et fit consacrer son usurpation par un concile composé 
de six évoques et de dix-sept archevêques (879) . A sa mort (887) , 




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Amphithéâtre d'Arles. 



son fils Louis, lui ayant succédé, engagea ses sujets dans des 
guerres ruineuses qui se continuèrent sous ses successeurs. 

La nécessité de s'unir contre les ravages des Maures et l'in- 
vasion des Hongrois (942) mit fin pendant quelque temps aux 
luttes des princes méridionaux. Malheureusement, après la 
destruction des hordes barbares, ces luttes recommencèrent 
avec des chances diverses. 

A la suite de ces guerres sans cesse renaissantes entre des 
souverains qui se disputaient l'Italie et la Provence, celle-ci 



22 BOUCHES-DU-RHONE. 

resta divisée en trois tronçons : le comté d'Arles, la vicomte 
de Marseille et celle de Forcalquicr. Guillaume, deuxième 
comte d'Arles, eut la gloire de déloger les Sarrasins de leurs 
repaires du massif du Fraxinet (972). Durant le siècle suivant 
le pays fut de plus en plus morcelé entre divers seigneurs féo- 
daux. Vers 1125, un traité, intervenu entre le comte de Tou- 
louse et le comte de Barcelonne, établit un marquisat de Pro- 
vence au nord de la Durance, et un comté d'Arles, compris entre 
cette rivière et la mer. Le comté de Provence, après d'inter- 
minables luttes, où la puissante famille des Baux joua un 
grand rôle, resta définitivement à la maison de Barcelone, 
qui possédait déjà le royaume d'Aragon (1176). 

Au milieu de tous ces troubles se formèrent et se déve- 
loppèrent les républiques provençales. Arles, Marseille, nom- 
maient des consuls, se gouvernaient librement et traitaient 
sur un pied d'égalité parfaite avec les républiques italiennes 
et les rois. 

Le douzième siècle vit fleurir en Provence cette brillante 
pléiade des troubadours, qui égaya durant une trop courte 
période les tristesses du moyen âge. La gracieuse langue pro- 
vençale fut alors à l'apogée de son développement. Mais les 
souverains qui encourageaient la culture littéraire, Alphonse II 
et surtout son fils Baymond-Bérenger IV (cinquième du non*), 
roi d'Aragon et comte de Provence, loin de favoriser l'essor 
des libertés municipales, s'appliquèrent à les restreindre, à les 
étouffer dans les villes où subsistaient encore les formes répu- 
blicaines. 

A sa mort (1245), Baymond-Bérenger laissa quatre filles 
dont les deux aînées étaient mariées aux rois de France et 
d'Angleterre. D'après les conseils de son ministre, le célèbre 
Romieu de Villeneuve, pour éviter le morcellement de la Pro- 
vence, Raymond l'avait léguée à Béatrix, la plus jeune de ses 
filles, suivant une vieille coutume celtique. Son projet était 
de préparer l'union de la Provence et du Languedoc en ma- 
riant Béatrix à son ancien ennemi Raymond VII, comte de Tou- 
louse. Mais sa mort et la résistance du pape Innocent IV en 



HISTOIRE. 23 

empêchèrent la réalisation. Béatrix, avec le consentement du 
parlement d'Aix, épousa Charles d'Anjou, frère de saint Louis 
(1246). Cette solution ne fut acceptée qu'avec répugnance par 
les Provençaux, auxquels le nom de Français était profondé- 
ment antipathique. Charles d'Anjou, dur, avide, cruel, ne se 
signala que par ses exactions et continua rudement l'œuvre 
qu'avait commencée son prédécesseur, en poursuivant la des- 
truction des dernières républiques provençales. La conquête 
qu'il avait entreprise du royaume des Deux-Siciles lui fut 




Les iiuux. 

bientôt enlevée par la sanglante journée des Vêpres sici- 
liennes. 

Après sa mort (1285), la Provence ne fut pas plus heureuse 
sous ses successeurs, Charles le Boiteux, Robert et Jeanne. 
Robert et sa fille Jeanne résidaient le plus souvent à Naples, 
laissant ainsi le comté livré aux entreprises des seigneurs féo- 
daux qui s'y disputaient le pouvoir. La reine et comtesse 
Jeanne avait adopté Louis, frère de Charles V, qui hérita de la 



34 



BOUCHES-DU-RHONE. 



couronne de Provence. Ce prince et ses successeurs, Louis II 
et Louis III, essayèrent vainement de conquérir les Deux-Siciles, 
,et ces guerres incessantes furent funestes à la prospérité de la 
Provence. 

En 1454, René d'Anjou, duc de Lorraine et de Bar, reçut 
en héritage de son frère Louis III, l'Anjou, le Maine, la Pro- 
vence et aussi ses malheureuses prétentions au royaume de 
Naples. S'il ne renonça à ses prétentions qu'après des tenta- 




^Z^SH\Pîi~f 



Statue du roi René, à Aix. 



tives ruineuses, sa renonciation fut du. moins absolue : retiré 
en Provence, et se consacrant entièrement à la culture des 
beaux-arts, ce prince mérita par sa douceur, son affabilité, sa 
bienveillance, d'être surnommé le bon roi René. 

Avec lui finit l'indépendance de la Provence. Il avait perdu 
ses enfants, et s'était laissé arracher par l'astucieux Louis XI un 
testament qui après la mort de son neveu ( 1 480) livra le comté au 
roi de France. Le duc René de Lorraine, son petit-fils, tenta vai- 



HISTOIRE. 



25 



nementde soulever le pays contre Louis XI, et une assemblée 
générale des États consacra l'union définitive de la Provence 
au royaume de France (1-486). 

Au seizième siècle, la rivalité de François I er et de Charles- 
Quint attira en Provence l'armée impériale, commandée par 
le connétable de Bourbon. Aix capitula sans résistance ; Mar- 
seille, au contraire, se défendit énergiquement, et, à la suite 








Château du roi René, à Tarascon. 



d'un siéïe inutile de quarante jours, l'ennemi repassa préci- 
pitamment la frontière italienne. 

En 1556, cinquante mille Impériaux, ayant à leur tête 
Charles-Quint, reparurent en Provence. Les habitants des 
campagnes se retirèrent avec leurs meubles, leurs vivres et 
leurs bestiaux dans les châteaux et dans les villes fortifiées, 
après avoir détruit et brûlé tout ce qui pouvait servir à l'en- 



26 BOUCHES-DU-RIIONE. 

nemi. Les villes ouvertes ou mal défendues furent évacuées et 
démantelées. Arles, Taraseon et Marseille furent seules mises 
en état de défense et résistèrent. Charles-Quint et les débris 
de sa redoutable armée, fort maltraitée par les paysans, re- 
passèrent péniblement le Yar, deux mois après leur entrée en 
France. 

La Provence commençait à peine à se relever de ces désas- 
tres, lorsque le parlement d'Aix autorisa la terrible persécu- 
tion contre les Vaudois des environs d'Apt; sanglant prélude 
des guerres contre les protestants qui éclatèrent quinze ans 
plus tard. Dans ces dernières guerres, les barons de la Suze 
et des Adrets, et le farouche comte de Sommerive, qui refusa 
pourtant, à l'époque de la Saint-Barthélémy, d'exécuter les 
ordres de Charles IX, se distinguèrent en Provence par leur 
violence. Sous Henri III, Aix embrassa le parti de la Ligue, 
comme Arles et Marseille, et, à la mort du roi, cette der- 
nière ville, gouvernée par le consul Charles de Cazaulx, tenta 
même de recouvrer son ancienne indépendance. 

Sous le gouvernement de Richelieu, la Provence lutta en- 
core pour ses libertés municipales. Après une première tenta- 
tive (1630), promptement comprimée, le parlement d'Aix, 
dont Mazarin voulait amoindrir l'autorité, renvoya le gouver- 
neur royal (1648) et ne fit sa soumission qu'en 1651. Dix 
ans plus tard, Louis XIV supprima la magistrature élective de 
Marseille; mais cette ville, déclarée port franc, acquit une 
grande prospérité sous l'administration de Colbert. 

Cette prospérité fut un moment ébranlée par la fameuse 
peste de 1720. La plupart des familles riches et des fonction- 
naires désertèrent la ville, laissant les magistrats municipaux 
sans ressources et sans appui. Le parlement d'Aix dut rendre 
un arrêt de mort contre quiconque sortirait du territoire de 
Marseille. Un certain nombre d'hommes, le gouverneur de 
Langeron, les échevins Estelle, Moustiés, Dieudé et Audimar, 
l'évêque Belsunce et le chevalier Roze se dévouèrent avec un 
héroïsme admirable à la tâche de salut que la panique uni- 
vorselle rendait si difficile. Marseille perdit près de cinquante 



WKÊMW 




28 BOUCHES-DU-RHONE. 

mille habitants, Arles et Aix chacune sept à huit mille, par 
les ravages du fléau auxquels s'étaient joints la disette et l'a- 
narchie. 

En 1789, Aix et Marseille se firent représenter aux États 
généraux par Mirabeau, qui, aux États provinciaux tenus à 
Aix, avait révélé pour la première fois sa fougueuse éloquence. 

Lors de la division de la France en départements, Aix avait 
été choisie pour chef-lieu deceluides Bouches-du- Rhône; mais, 
en l'an VIII, elle perdit ce titre, qui passa définitivement à 
Marseille. Si les guerres de l'Empire furent nuisibles au com- 
merce du nouveau chef-lieu, pendant la Restauration et sur- 
tout après la prise d'Alger, Marseille acquit une importance 
qu'elle n'avait pas eue depuis l'antiquité. Aujourd'hui elle lutte 
pour maintenir sa prépondérance commerciale, que l'ouverture 
de l'isthme de Suez et la création des chemins de fer du mont 
Cenis et du Saint-Gothard l'exposeraient à perdre. Elle reste, 
néanmoins, la troisième ville de France par la population, et 
la première au point de vue maritime. 

VII. — Personnages célèbres. 

Avant J.-C. — Pythéas et Euthymènes, navigateurs marseil- 
lais. — Trogue-Pompée, historien. 

Premier siècle de notre ère. — Pétrone, écrivain latin. 

Quatrième siècle. — Saint Victor, martyr. — Constantin H, 
empereur. 

Cinquième siècle. — Saint Rustique, évêque de Nar- 
bonne. — Saint Eutrope, évèque d'Orange. — Salvien, écri- 
vain ecclésiastique. 

Douzième siècle. — Les troubadours Fouquet et Carbonel. 
— Le chanoine Albert d'Aix, auteur d'une relation de la pre- 
mière croisade. 

Quatorzième siècle. — Laure de Noves (1508-1348), im- 
mortalisée par Pétrarque. 

Seizième siècle. — Adam de Crapponne (1519-1559), habile 
ingénieur, auteur du canal qui porte son nom. — Pierre Qui- 



PERSONNAGES CÉLÈBRES. 29 

queran de Beaujeu, évoque de Senez (1526-1550). — César 
de Nostradamus (1555-1622), fils du célèbre astrologue, au- 
teur de plusieurs ouvrages. 

Dix-septième siècle. — IIoisoré d'Urfé (1567-1625), ro- 
mancier. — Alntolne de Ruffi (1607-1689), historien. — 
Pierre Puget, peintre, architecte et surtout sculpteur célèbre 
(1622-1694). — Mascaron (1634-1705), prédicateur connu 
surtout par ses Oraisons funèbres. — Tournefort (1656- 
1708), botaniste, auteur de plusieurs ouvrages sur les plantes. 
— D'Hozier (1592-1660), généalogiste. — Peiresc (1580- 
1657), érudit, qui a laissé un grand nombre de manuscrits 
intéressants. — Charles Plumier (1646-1706), botaniste. — 
Brdeys (1640-1725), poëte et théologien, auteur de plusieurs 
comédies. 

Dix-huitième siècle. — Balechou (1715-1765), graveur. — 
Jean-Baptiste Vanloo (1684-1745), peintre, connu par ses ta- 
bleaux d'histoire et ses portraits. — L'arbé Barthélémy (1716- 
1795), savant archéologue, auteur du Voyage du jeune Ana- 
charsis. — Nicolas-Thomas Barthe, poëte et auteur comique 
(1754-1785). — Jean-Baptiste Piquet, marquis de Méjanes, bi- 
bliophile célèbre (1729-1786). — François Barthélémy (1 750- 
1850), membre du Directoire, et plus tard pair de France. — 
Lantier (1734-1826), auteur de comédies, de contes et du 
Voyage d'Anténor en Grèce et en Asie. — Dumarsais (1676- 
1756), grammairien. — Michel Adanson (1727-1806), natu- 
raliste, qui a publié VHistoire naturelle du Sénégal et un 
grand nombre de savants Mémoires. — Vauvenargues (1715- 
1747), moraliste, célèbre par ses Maximes et son Introduc- 
tion à la connaissance de l'esprit humain. — D'Entrecas- 
teaux (1740-1793), navigateur. — Le bailli de Suffren 
(1729-1788), marin. — Barbaroux (1767-1794), membre de 
la Convention. — Rivarol (1754-1801), écrivain. — L'abbé 
Expilly (1719-1793), géographe. — Honoré Ganteaume (1755- 
1818), amiral. 

Dix-neuvième siècle. — Joseph-Marie Portalis, homme d'E- 
tat (1778-1858). — Parmi nos contemporains morts ou vivants, 



50 BOUCHES-DU-RHONE. 

on peut citer : Adolphe Thiers ; Mignet; Charles Reybaud, lit- 
térateur, et sa femme Henriette Reybaud, romancière ; Jo- 
seph Reinaud, orientaliste; Bazin, compositeur; le dessina- 
teur Daumier ; le musicien Félicien David, le docteur Clot- 
Bey, les peintres Ricard, Papéty, Loubon ; les écrivains Méry, 
Léon Gozlan, Nestor Roqueplan, Louis Reybaud, Marie Aycard, 
Frédéric Mistral, Amédée Achard, Taxile Delord, Joseph 
Autran, Eugène Guinot, Barthélémy, l'auteur de la Némé- 
sis ; etc. 

VIII. — Population, langue, cultes, instruction, etc. 

La population des Bouches-du-Rhône s'élève, d'après le re- 
censement de 1876, à 556,579 habitants (281,454; du sexe 
masculin et 274,925 du sexe féminin). A ce point de vue c'est 
le 18 e département. Le chiffre des habitants divisé par celui 
des hectares donne environ 108 habitants par 100 hectares ou 
par kilomètre carré: c'est ce qu'on nomme la population spé- 
cifique. Sous ce rapport c'est le 8 e département. La France 
entière ayant 69 à 70 habitants par kilomètre carré, il en 
résulte que les Bouches-du-Rhône renferment, à surface 
égale, 58 à 59 habitants de plus que l'ensemble de notre 
pays. 

Depuis 1801, date du premier recensement officiel, le dé- 
partement a gagné 271,567 habitants. 

Dans les campagnes, on parle la langue provençale, mélange 
d'expressions celtiques, grecques, latines et arabes qui a eu 
au quinzième siècle et qui a encore sa littérature. Mais les 
dialectes, comme les costumes des populations, varient dans 
chaque arrondissement. Dans celui d'Arles, dont la beauté 
des femmes est célèbre, et dans une partie de celui d'Aix, les 
femmes portent un costume gracieux connu sous le nom d'ir- 
lèse. 

Presque tous les habitants des Bouches-du-Rhône sont ca- 
tholiques. On ne compte guère que 14,000 protestants, 5,200 
israélites, et 2,000 personnes appartenant à d'autres cultes. 



DIVISIONS ADMINISTRATIVES. 31 

Le nombre des naissances a été, en 1877, de 16,029 ; celui 
des décès, de 14,437 ; celui des mariages, de 4,190. 

Il y a dans le département : 1 lycée (Marseille), 3 collèges 
communaux (Aix, Arles, Tarascon), 279 écoles et pension- 
nats de garçons, 382 écoles et pensionnats de filles, 30 écoles 
mixtes, 70 salles d'asile, 139 cours d'adultes. Le total des 
élèves, en 1877, a été de 85,418. 

Sur 10 accusés de crime, en 1875, on a compté: 

Accusés ne sachant ni lire ni écrire. . , . 25 

— sachant lire ou écrire imparfaitement. . 107 

ayant reçu une instruction supérieure . 2 

Sur ce nombre il y avait 32 étrangers. 

IX. — Divisions administratives. 

Le département des Boucbes-du-Rhône forme deux diocèses: 
celui d'Aix (archevêché) , comprenant les arrondissements d'Aix 
et d'Arles ; et l'évêché de Marseille, comprenant l'arrondisse- 
ment de Marseille (suffragant d'Aix); — la l re subdivision de 
la 9 e division militaire (Marseille) du 15 e corps d'armée (Mar- 
seille). — Il ressortit à la cour d'appel d'Aix, — à l'Acadé- 
mie d'Aix, — à la 16 e légion de gendarmerie (Marseille), — 
à la 8 e inspection des ponts-et-chaussées, — à la 26 e conser- 
vation des forets (Aix), — à l'arrondissement minéralogique 
de Grenoble (division du Sud-Est), — à la 6 e région agricole 
(S.-E.). — Il comprend : 3 arrondissements (Marseille, Aix, 
Arles), 27 cantons, 108 communes. 

Chef-lieu du département : MARSEILLE. 

Chef-lieux d'arrondissement : Marseille, Aix, Arles. 



Arrondissement de Marseille (9 cant.; 17 com.; 65,805 hect., 
359,070 h.). 

Canton de Marseille (six dont 3 intra muros et 3 extra muros, 2 com.; 
22,801 hect.; 321,972 h.)— Allauch — Marseille. 

Canton d'Aubagne (4 com.; 12,982 hect.; 11,765 h.) — Aubagne ■— 
Cuges — Gémenos — Penne (la). 



52 BOUCIIES-DU-RIIONE. 

Canton de la Ciotat (4 corn.; 11,480 hect.; 13,125 h.) — Cassis — 
Ceyrestc — Ciotat (la) — Roquefort. 

Catiton de Roquevaire (7 corn.; 12,082 hect.; 12,212 h.) — Auriol — 
Belcodène — Destrousse (la) — Gréasque — Peypin — Roquevaire — 
Saint-Savournin. 

Arrondissement d'Aix (16 cant.; 59 corn.; 215,291 hect.; 111,719 h.). 

Cantons [Nord et Sud) d'Aix (7 corn.; 54,900 hect.; 52,555 h.) — Aix 

— Eguilles — Meyreuil — Saint-Marc — Tholonet (le) — Yauvenargues — 
Venelles. 

Canton de Berre (G corn.; 17,1 586 hect.; 7,271 h.) — Berre — Fare (la) 

— Rognac — Vélaux — Ventabren — Vitrolles. 

Canton de Gardanne (7 com.; 18,547 hect.; 10,819 h.) — Bouc-Alber- 
tas — Cabriès — Gardanne — Mimet — Pennes (les) — Septèmes — 
Simiane. 

Canton d'Istres (4 com.; 27,529 hect.; 8,643 h.) — Fos — Istres — 
Saint-Chamas — Saint-Mitre. 

Canton de Lambesc (6 com.; 21,761 hect.; 8,815 h.) — Charleval — 
Lambesc — Rognes — Roque-d'Anthéron (la) — Saint-Cannat — Saint- 
Estève-Janson. 

Canton de Marligues (8 com.; 21,552 hect.; 13,797 h.) — Carri-le- 
Rouet — Châteauneuf'-lès-Martigues — Gignac — Marignane — Martigues 

— Port-de-Bouc — Rove (le) — Saint-Victoret. 

Canton de Peyrolles (5 com.; 24,889 hect.; 5,652 h.) — Jouques — 
Meyrargues — Peyrolles — Puy-Sainte-Réparade — Saint-Paul-lès-Du- 
rance. 

Cantonde Salon (8 com.; 20,108 hect.; 14,403 h.) — Aurons — Bar- 
ben (la) — Cornillon — Grans — Lançon — Miramas — Pélissanne — 
Salon. . 

Canton de Trets (8 corn. ; 22,015 hect.; 9,784 h.) — Beaurecueil — 
Châteauneuf'-le-Rouge — Fuveau — Peynier — Puyloubier — Rousset — 
Saint-Antonin — Trets. 

Arrondissement d'Arles (8 cant.; 32 com.; 229,390 hect.; 85,580 h.). 

Cantons {Est et Ouest) d'Arles (2 com.; 107,128 hect.; 27,000 h.) — 
Arles — Fontvieille. 

Canton de Châteaurenard (G com.; 14,882 hect.; 15,862 h.) — Bar- 
bon tane — Châteaurenard — Eyragues — Graveson — Woves — Ro- 
gnonas. 

Canton d' Eyguières (6 com.; 17,9^8 hect.; 7,458 h.) — Alleins — Au- 
reille — Eyguières — Lamanon — Mallemort — Vernègues. 

Canton des Saintes-Mariés (1 com., les Saintes-Mariés ; 57,591 hect.; 
920 h.). 

Canton dOrgon (7 com.; 18,100 hect.; 9,710 h.) — Cabannes — Ey- 
galièrcs — Molléges — Orgon — Saint-Andiol — Sénas <— "Verquièrcs. 

Canton de Saint-Rémy (Ocom.; 21,022 hect.; 12,096 h.) — Baux (les) 

— Maillanne — Maussannc — Mouriès — Paradou — Saint-Rémy. 
Canton de Tarascon{4 com.; 12,703 hect.; 11,874 h.) — Boulbon — 

Mas-Blanc — Mézoargues — Tarascon 






AGRICULTURE. 33 

X. — Agriculture. 

Sur les 510,487 hectares, on compte en nombres ronds : 

Froment 48,944 hectares 

Méteil 140 — 

Seigle 2,521 - 

Orge ....... 4 4,025 - 

Avoine 5,971 — 

Légumes secs 1,075 — 

Menus grains ... 559 

Plantes industrielles 106,000 — 

Vignes (ou terrains récemment occupés) 59,490 — 

Vergers et jardins 2,159 — 

Oseraies 39 — 

Bois et forêts 60,000 — 

Landes, étangs, marais, rochers . . . 152,000 — 

Prés 87,586 — 

Le service forestier ne s'étend que sur 18,754 hectares de terrains 
boisés. 

On compte dans le département 19,646 chevaux, 7,391 ânes, 
16,755 mulets, 3,759 bœufs, 1,536 vaches, 566,167 moutons (en 
1875, 1,111,679 kilogrammes de laine valant 2,290,058 francs), 
41,507 porcs, 17,517 chèvres et 12,478 ruches à miel, ayant pro- 
duit en 1875, 65,674 kilogrammes de miel et 25,531 de cire. L'éle- 
vage des vers à soie a produit 458,244 kilogrammes de cocons. Les 
plaines d'Arles nourrissent à elles seules plus de 150,000 bêtes à 
laine; la Camargue en renferme 75,000, ainsi que 600 taureaux sau- 
vages, de couleur noire, parmi lesquels on choisit ceux qui figurent 
dans les courses, et 2,000 chevaux camargues qui descendent, dit-on, 
de ceux que les Sarrasins laissèrent dans la contrée, et qui, ayant quel- 
que rapport avec les chevaux arabes, sont excellents sous bien des 
rapports. 

A part le territoire d'Arles, le département est peu fertile en grains. 
La Camargue comprend environ 15,000 hectares de terres de labour 
qui produisent, année moyenne, 8,000 hectolitres de blé, et qui 
pourraient en donner dix fois plus, s'ils étaient bien irrigués; c'est 
là que se récoltent les espèces de céréales si recherchées dites sais- 
sette d'Arles, qui donnent lieu à un commerce considérable. Elle 
comprend en outre : 50,000 hectares de terres vagues, 8,000 hectares 
de marais et 18,000 hectares d'étangs salés. 



54 BOUCHES-DU-RHONE. 

Sous le rapport de l'agriculture, le département peut se diviser en 
quatre vallées, non compris celle du Rhône. 

La vallée de la Durance est exploitée en grande culture dans une 
petite partie de son étendue. Le blé dans les terrains secs et le four- 
rage dans les lieux bas ou humides y sont cultivés partout, les vigno- 
bles qui l'occupaient naguère ayant été entièrement détruits par le 
phylloxéra. Les parties arrosées sont couvertes de prairies, de jardins 
et de pépinières, de mûriers, de garance, de chardons à foulon, de 
plantes potagères, surtout dans les cantons de Saint-Rémy et de- Châ- 
teaurenard. Les bassins de Saint-Paul et de Peyrolles, exposés au 
nord, sont plus froids que ceux de Sénas et de Saint-Rémy. Les oli- 
viers, qui ne prospèrent pas dans la partie orientale de la vallée, com- 
mencent à se montrer à Rognes et à Saint-Estève-Janson ; ils sont en 
pleine culture à Mallemort et s'étendent en vergers sur les pentes des 
Alpines. Les pins couvrent les collines de Rognes jusqu'à Charleval. 
Les vignes et les amandiers prospèrent depuis Saint-Paul jusqu'à 
Barbentane. 

Le sol est formé des dépôts successifs de la Durance. Ses eaux, 
chargées d'humus, sont très-propres à la fertilisation des champs. La 
couche de graviers et de galets qui constitue la base du soi est recou- 
verte d'une couche profonde de limon déposée naturellement ou 
amenée progressivement par les canaux et les rigoles; aussi, sur cer- 
tains points, ce limon est tellement humecté par les infiltrations de 
la rivière, que les plantes potagères et le fourrage n'ont pas besoin 
d'arrosage. Les céréales y réussissent bien. 

La vallée de THuveaune se compose des vallons d'Auriol et de 
Roquevaire, des bassins de Peypin et de Cuges, des plaines d'Aubagne 
et de Gémenos. 

fc» Les montagnes des environs d'Aubagne, et surtout de Cuges, sont 
couvertes de pins, qui naguère étaient exploités pour la résine. Les 
genêts, les cerisiers sauvages, le sumac, les ajoncs couvrent les par- 
ties inférieures des collines, tandis que le thym, le romarin, la 
lavande se montrent à leur sommet. Les coteaux sont favorables à la 
culture de l'olivier, de l'amandier, du figuier, du câprier. Les champs 
de blé, les jardins, les prairies et quelques vignes luttant contre le 
phylloxéra, couvrent le reste de la vallée de l'Iluveaune, bordée d'ai- 
bres jusqu'à son embouchure. Depuis l'achèvement du canal de Mar- 
seille, la plus grande partie de la vallée a décuplé de valeur et de 
fertilité, et les jardins ont acquis la prospérité la plus satisfaisante. 

La vallée de la Touloubre, dont le sol est assez fertile en quelques 
endroits, est généralement sèche dans la partie la plus élevée, jus- 
qu'à Eguilles et Saint-Cannat. A Pélissanne. les cultures prennent 



INDUSTRIE 5J5 

une vigueur due à des irrigations abondantes et à la richesse du sol 
en humus. Les canaux de Crapponne, de Boisgelin et des Alpines 
produisent les mêmes résultats à Lançon, Grans et Cornillon. Le sol 
de ces trois communes est propice aux amandiers et aux oliviers, qui 
en forment la principale richesse. Les amandiers, les oliviers et la 
vigne sont cultivés dans toute la région ; on trouve beaucoup de mû- 
riers et d'arbres fruitiers dans toute la partie inférieure, surtout dans 
les environs d'Aix. A partir de Pélissannc jusqu'à Salon, et même 
jusqu'à Saint-Chamas, le blé, le seigle, l'avoine, l'orge, prospèrent 
mieux que les légumes. 

La vallée de l'Arc comprend les cantons de Trets, de Gardanne, 
d'Aix et de Berre. 

Les oliviers sont répandus autour des propriétés et des bas-fonds 
qui bordent la rivière. Le terrain est maigre ; les prairies sont arti- 
ficielles à Peynier et à Fuveau ; le noyer y vient mieux que l'amandier 
et le figuier. On y récolte des légumes secs et du blé. Les hauteurs 
de Fuveau à Belcodène sont propices pour la culture du seigle et de 
l'épeautre. Le sol de Simiane, de Gardanne et de Meyreuil, est pro- 
fond, frais et riche en humus. Tout le territoire d'Aix et d'Éguilles 
est formé par une marne blanchâtre. Ce terrain est planté en oliviers 
et en amandiers. La Fare est le centre de cette dernière culture. Le 
tabac est encore l'objet d'une culture importante dans le canton de 
Gardanne surtout. Les betteraves et les melons y sont aussi cultivés 
avec succès. 

En 1875, on a récolté dans le département 773,000 hectolitres de 
froment, 4,515 de seigle, 58,039 d'orge, 1,560 de maïs et de millet, 
152,850 d'avoine. 507,150 de pommes de terre, 22,231 de légumes 
secs, 38,006 de betteraves, 855 de tabac, 11 082 de garance, 
834,792 hectolitres d'olives (5,298,185 kilogrammes d'huile) et 
544,525 hectolitres de vin. 

XI. — Industrie. 

Les professions industrielles occupent dans le département près 
de 92,000 individus; l'agriculture et le commerce en font vivre 
chacun 157,000. L'exploitation des mines, carrières et salines du 
département emploie un grand nombre de bras. 

De nombreux marais salants ou étangs salés produisent une grande 
quantité de sel estimé. Les eaux de l'étang de Lavalduc, près du canal 
d'Arles à Port-de-Bouc, sont six fois plus salées que les eaux de la 
mer. On a calculé que cet étang (345 hectares) contient 28 millions 
de mètres cubes d'eau et 430 millions de kilogrammes de sel. De nom- 



36 BOUCHES-DU-RHONE. 

breuses salines se sont établies autour des étangs de Rassuens, aux 
environs de Berre, Fos, Istres, Saintes-Mariés, Marti gués, Vitrolles, 
Port-de Bouc, etc., en tout 20 établissements. La production des sa- 
lines de Badon, de la Quarantaine, de Valat et de la Vignollc, dans 
la Camargue, atteint, une moyenne de 000,000 quintaux de sel. 

Les principales carrières de pierre sont celles d'Aix, de Rognes, 
de la Couronne, près de Martigues. Les produits des carrières de Font- 
vieille, près d'Arles, connus sous le nom de pierres d'Arles, sont 
exportés en Algérie. L'extraction des pierres que renferme la base des 
Alpines est aussi la principale industrie des habitants de Saint- 
Rémy. 

La pierre meulière vient d'Aix et d'Eygalières ; le grès, de Lama- 
non. Des collines de la Ciotat et de Cassis s'extraient des pavés em- 
ployés surtout à Marseille. 

La pierre froide de Cassis jouit d'un renom légitime; elle est ex- 
portée en Algérie et dans le Levant. 

La houille se montre à Aix, Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc- 
Albertas, Fuveau , à Gardanne, dont la concession houillère a 
2,952 hectares, à Gémenos, Gréasque, Mimet, Peypin, Peynier, Ro- 
quevaire, Saint-Savournin, Simiane et Trets. La concession Se cette 
dernière commune couvre, au pied du mont Regagnas, une superficie 
de 2,555 hectares. 

Les Bouches-du-Rhône offrent le bassin de lignite le plus consi- 
dérable de France. Il est renfermé entre l'Arc, l'étang de Berre, les 
chaînes de TEstaque , de l'Etoile , de Garlaban et l'Huveaune. La 
superficie totale du bassin est d'environ 100,000 hectares. La plus 
grande partie de ses produits, exploités par la Compagnie des char- 
bonnages des Bouches-du-Rhône, servent surtout à l'approvision 
nement des établissements industriels de Marseille. L'extraction des 
lignites a lieu par cinq puits seulement. Au mois de janvier 1879, on 
comptait 2,540 ouvriers employés aux mines. En 1878, la production 
s'est élevée à 315,590 tonnes. 

Il faut ranger parmi les richesses minérales des Bouches-du-Rhône 
la source thermale d'Aix, utilisée dans un établissement. Classée 
parmi les eaux thermales carbonatées calcaires, elle donne 143 litres 
environ par minute; sa température est de 35°. Les eaux d'Aix s'em- 
ploient principalement en boisson, bains ou douches, dans les para- 
lysies, les névralgies, les luxations, etc. On les mélange aussi avec les 
eaux-mères des marais salants, qui renferment une grande quantité 
de bromures, pour combattre les maladies asthéniques, les affections 
scrofuleuses, l'anémie, la chlorose, et la plupart des maladies de la 
peau. 



INDUSTRIE. 37 

La souree froide des Camoins, près de Marseille, est recommandée 
dans les maladies qui doivent être traitées par les eaux sulfureuses. 
Il y a, en outre, à Lascours, près de Roqucvaire, une source sul- 
fureuse, et au Roucas-Blanc, près de Marseille, une source thermale 
salée. 

Les établissements métallurgiques sont considérables. A Arles, 
la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditer- 
ranée possède de vastes ateliers, affectés à l'entretien, à la réparation 
et à la construction des machines, wagons et appareils divers, néces- 
saires à l'exploitation du chemin de fer entre Lyon et Marseille. Ces 
ateliers comprennent : une forge, dont les marteaux à vapeur, pesant 
jusqu'à 6,000 kilogrammes, peuvent façonner des pièces de fer de 
toutes dimensions; des salles d'ajustage et de montage, où de puis- 
santes grues soulèvent des locomotives entières du poids de 50,000 ki- 
logrammes; une chaudronnerie; un carroisage; un wagonnage, etc. 
A côté des ateliers proprement dits se trouve le principal dépôt des 
locomotives de cette partie delà ligne. Les bâtiments et leurs dépen< 
dances occupent une superficie totale d'environ 11 hectares. On y 
compte 658 ouvriers. — La Compagnie P.-L.-M. a un second atelier 
du même genre à Marseille, qui occupe 275 ouvriers. — A Marseille, 
l'industrie métallurgique est représentée surtout par les hauts-four- 
neaux et fonderies de Saint-Louis, comprenant 3 hauts-fourneaux, 
dont 2 en fer. Les fontes produites par le combustible minéral attei- 
gnent le chiffre de 225,000 quintaux métriques, et les fers autres que 
les rails, 15,400 quintaux métriques. 

Les établissements industriels existant à Mnrsoille et dans sa ban- 
lieue sont de la plus haute importance et leur nombre est très-élevé. 
On peut citer, en outre, dans la commune, 5 fonderies de plomb, 
4 usines à cuivre, fonderies de fer, 2 fabriques d'étain, et un grand 
nombre d'usines affectées à la réparation et à la construction des ma- 
chines à vapeur pour les établissements industriels et pour les paque- 
bots. On fond à Marseille des minerais provenant de l'île d'Elbe, de 
l'Espagne et de l'Algérie. Des usines s'occupent spécialement de la 
coupellation des plombs argentifères. Marseille fabrique aussi des 
balances, bascules romaines, des coffres-forts, des cables en fer, etc. 

On trouve, en outre, dans le département, .des fonderies à Aix, 
Saint-Chamas, Martigues, des fabriques d'instruments aratoires à 
Sénas et à Rousset. 

La construction des navires forme une branche très-importante de 
l'industrie départementale. Les chantiers les plus considérables sont 
ceux de Marseille, d'Arles, de Martigues, et surtout ceux de la Ciotat. 
Les ateliers maritimes de cette dernière ville (5,000 à 3,500 ouvriers)^ 



38 BOUCHES-DU-RHONE. 

fondés par MM. Benêt et C e , pour la construction et la réparation des 
machines à vapeur et pour la construction des coques de navire soit 
en bois, soit en fer, appartiennent à la Compagnie des Messageries 
maritimes. On y consomme annuellement 65,000 quintaux de tôles, 
fers et aciers ; 170,000 stères de bois et 70,000 quintaux de houille. 
On compte 16 forges de marine à Marseille et 2 à Martigues, ainsi 
que 11 ateliers de poulieurs dans ces deux villes. 

Un établissement d'un autre genre, mais d'une grande importance, 
la poudrerie de Saint- Charrias, la plus considérable de France, t sur 
le bord de l'étang de Berre, se compose de 42 moulins à pilons et 
peut fabriquer par an 700,000 kilogrammes de poudre. 

L'industrie des soies est représentée par des établissements de 
moulinage, de dévidage et de filature, à Cabannes, Châteaurenard, 
Eyguières, Eyragues, Graveson, Maillanne, Noves, Saint-Andiol, Sé- 
nas, Tarascon. 

11 existe 2 fabriques d'étoffes à Aix et 'plusieurs imprimeries d'in- 
diennes ou de toiles peintes à Aix et à Tarascon. 

La fabrication des huiles d'olives du pays et des graines oléagi- 
neuses exotiques est pour le département la source d'un revenu consi- 
dérable. Marseille possède 39 huileries, consommant 1 million de 
quintaux de graines oléagineuses, graines de lin, sésames, arachides, 
etc. Des huileries du même genre se trouvent à Berre, Roquevaire, 
Eyguières, Ventabren, Istres, Lambesc. Beaucoup d'autres communes 
fabriquent des huiles du pays justement estimées. Saint-Chamas se 
livre spécialement à la préparation des olives dites à la picholine. 

Un grand nombre d'habitants du littoral de la Méditerranée et de 
l'étang de Berre font de la pêche leur unique industrie. Dans les 
madragues, on prend les thons, et dans les bourdigues les muges. 
Martigues , la Ciotat et Cassis arment chaque année un grand nombre 
de bateaux qui pèchent la sardine. 

Plusieurs fabriques de papiers et de cartons sont établies à Mey- 
rargues, Auriol, Jouques, Noves, Salon, Ventabren, Roquevaire, Gé- 
menos et Marseille. Les verreries de Marseille et d'Aubagne sont les 
seules du département; mais il existe dans la vallée de THuveaune 
plusieurs fabriques de faïences, notamment à Aubagne et à Roque- 
vaire. Marseille possède des raffineries séculaires, qui produisent en 
moyenne environ 44 millions et demi de kilogrammes de sucre raf- 
finé, et des savonneries célèbres qui fabriquent près de 50 millions 
de kilogrammes de savon. D'autres savonneries existent à Aix, Ro- 
quevaire, Salon, Berre, Arles, Eyguières, etc. 

La fabrication des bougies est fort considérable à Marseille. Les 
tanneries de cette ville ont une vieille réputation ; aujourd'hui on y 



40 BOUCHES-DU-RHONE. 

compte 20 fabriques et 14 autres à Aix, Auriol, Roquevaire, Saint- 
Rémy, Aubagne et Tarascon. 

Les sparteries sont mises en œuvre à Marseille, Cassis, Mouriès et 
le Rove. Marseille seule possède 52 fabriques de cordages et autres. 
La Bouilladisse, près d'Auriol, possède une fabrique de vinaigre de 
bois et de sel de saturne. Des usines considérables de produits chi- 
miques sont établies autour des étangs de Citis et de Rassuens, à 
Marseille, Istres, Fos, Septèmes, etc. Gardanne, Gémenos, la Penne, 
Roquefort, laValentine, près de Gréasque,Belcodônc, Cassis, Aubagne, 
ont des fabriques de ciment. Aix et Marseille possèdent ensemble 72 
fabriques de pâtes alimentaires. Ces deux mêmes villes livrent au com- 
merce une grande quantité de dragées, de bonbons et de confitures 
de toutes les espèces. Tarascon fabrique des saucissons d'Arles re- 
nommés. A Marseille et dans le reste du département on trouve plus 
de 150 briqueteries. Les poteries d'Aubagne ont un renom mérité. 
Quelques scieries existent à Roquevaire, Salon, Auriol, Lambesc, Gé- 
menos, etc. 

L'industrie de la minoterie est représentée dans le département 
par 284 moulins, ayant 985 paires de meules. Indépendamment de 
ces grands établissements, beaucoup de communes possèdent des 
moulins ordinaires à eau. 

Il serait trop long d'énumérer toutes les industries du département ; 
il convient pourtant d'ajouter quelques renseignements. 

Les allumettes sont fabriquées à Marseille; la même ville possède 
9 fabriques d'amidon; Ah et Marseille comptent 5 fabriques de 
chandelles; \-à chapellerie a 7 fabriques à Aix, 5 à Marseille, 5 àBerre / 
Salon et Tarascon ; les chardons cardières sont préparés à Tarascon, 
Eyragues et Saint-Rémy ; à Marseille il y a 4 fabriques de colle-forte; 
la garance est triturée à Orgon et à Noves ; il y a des usines à gaz à 
Marseille, Aix, Arles, Salon, Martigues, Aubagne et la Ciotat : Mar- 
seille possède 1 fabrique de goudron végétal et 4 fabriques de gre- 
naille; il y a 24 imprimeries typograplnques dans le département: 15 
à Marseille, 5 à Aix, 5 à Arles, 2 à Tarascon, 1 à la Ciotat; Mareeille 
et Aix ont 5 fabriques importantes de liqueurs et de vermouth ; à Mar- 
seille il existe 2 fabriques àc pétrole et 1 de pianos; Jouques, Mar- 
seille et Salon ont 6 fabriques de pipes ; à Marseille on compte 
14 fabriques de semoule et 5 raffineries de soufre, ainsi qu'une 
grande manufacture de tabacs. 

Un très-grand mouvement industriel s'opère dans tout le dépar- 
tement, et >i rien ne vient arrêter l'impulsion, dans peu d'années les 
Bouches-du-Rhône figureront en tête du tableau des régions éminem- 
ment industrielles. 



COMMERCE, CHEMINS DE FER, ROUTES. 41 

XII. — Commerce, chemins de fer, routes. 

Le département des Bouches-du-Rhone fait un commerce immense. 
Son chet'-lieu, Marseille, est le premier port de la France et de la 
Méditerranée et l'une des places les plus commerçantes de l'Europe. 

Le commerce des céréales a eu de tout temps à Marseille une im- 
portance spéciale. Les principaux pays de provenance sont la Russie 
d'Europe, la Turquie, l'Algérie et l'Italie. Après les céréales, les prin- 
cipaux articles d'importation du port sont, suivant l'importance de 
leur valeur, sinon de leur poids : soie et bourre de soie, 190 millions 
de francs (60,000 quintaux métriques) ; peaux et pelleteries brutes, 
60 millions (195,000 quintaux) ; laines, 55 millions (210,000 quin- 
taux) ; cafés, 45 millions ('200,000 quintaux) ; tissus, 45 millions 
(60,000 quintaux); cotons en laine, 45 millions (250,000 quintaux) ; 
graines oléagineuses, 45 millions (1,300,000 quintaux); fruits oléa- 
gineux, 30 millions (800,000 quintaux); sucres bruts, 25 millions 
(460,000 quintaux); cigares, 22 millions (4,500 quintaux); bois 
communs, 20 millions (615,000 quintaux) ; thés, 18 millions (40,000 
quintaux); bestiaux, 16 millions (90,000 quintaux). 

Les principaux articles d'exportation, comme valeur intrinsèque, 
sont : les tissus de coton : 70 millions (112,000 quintaux); les soies et 
bourres de soie : 65 millions (15,000 quintaux); les tissus de laine : 
52 millions (40,000 quintaux)'; les sucres raffinés : 45 millions 
(580,000 quintaux); les tissus de soie : 40 millions (4,000 quin- 
taux); le café : 40 millions (180,000 quintaux); la mercerie et les 
boutons : 28 millions (55,000 quintaux) ; les céréales, grains et 
farines : 28 millions (850,000 quintaux) ; les outils et ouvrages en 
métaux: 27 millions (250,000 quintaux); les peaux et les ouvrages en 
peau : 47 millions (29,000 quintaux), etc. 

Outre ce transit considérable dont Marseille est le centre, un grand 
nombre de localités du département se livrent avec activité à l'indus- 
trie commerciale. Arles exporte du blé, du foin, des laines et des 
pierres à bâtir venant des carrières de Fontvieille; Cassis, des pierres 
de taille, transportées en Algérie, et dans le Levant; Roquevaire 
expédie ses câpres à Lyon, Paris et Toulouse et ses fruits dans 
l'intérieur ; Aix fournit au commerce des grains, des vins, des farines, 
des fruits confits, des bestiaux, des laines, des amandes et surtout les 
huiles renommées qui font sa richesse. C'est le premier marché du 
monde pour cette dernière denrée. 

Les articles importés par une autre voie que Marseille sont les 



42 BOUCHES-DU-RHONE. 

morues, les bestiaux, les pâtes d'Italie, les fruits frais (de l'Algérie et 
de l'Italie), les minerais de fer (de l'Espagne), la houille, etc. 

Le département des Bouches-du Rhône est traversé par 16 chemins 
de fer, d'un développement total de 5cS9 kilomètres. 

1° Le chemin de 1er de Lyon à Marseille quitte le département de 
Vaucluse, pour entrer dans les Bouches-du-Rhône, à 4 kilomètres 
d'Avignon, en traversant la Durance. Il dessert Barbentane, Graveson, 
Tarascon, les Ségonnaux, Arles, parcourt le grand viaduc d'Arles, 
entre dans la Crau, passe à Raphèle, Saint-Martin-de-Crau, Entres- 
sen, Miramas et Saint-Chamas , franchit la Touloubre sur un magni- 
fique pont-viaduc courbe, puis la petite rivière de l'Arc. Au delà de 
Berre, la voie ferrée dessert Rognac, Vitrolles, Pas-des-Lanciers et 
s'enfonce dans le magnifique tunnel de la Nerte , long de 
4,658 mètres, au sortir duquel elle passe à l'Eslaque avant d'atteindre 
Marseille. Son parcours total dans le département est de 125 kil. 

2° La ligne de Tarascon à Cette (1 kilomètre), quittant presque 
au sortir de la gare de Tarascon le département des Bouches-du- 
Rhône pour entrer dans celui du Gard, franchit le Rhône sur le 
magnifique pont-viaduc qui relie l'embranchement de Cette à la grande 
ligne de Lyon à Marseille. 

5° Le chemin de fer d'Arles à Lunel traverse le grand Rhône, sur 
un pont en fer, et s'engage dans la Camargue, qu'il parcourt jusqu'à 
sa sortie du département, au delà du petit Rhône qu'il franchit pour 
entrer dans le département du Gard. Sur son parcours de 15 kilo- 
mètres dans les Bouches-du-Rhône , il dessert la station dite de la 
Camargue. 

4° Le chemin de fer de Rognac à Sisteron (55 kilomètres) côtoie 
la rive droite de l'Arc, qu'il franchit plusieurs fois, dessert Velaux, 
Roquefavour, passe sous le magnifique aqueduc du même nom, puis à la 
station des Milles, dessert Aix, la Calade, Puyricard, Venelles, Recla- 
vier, Meyrargues, et franchit la Durance un peu en deçà de Pertuis 
(Vaucluse). 

5° Le chemin de fer de Marseille à Toulon, à Nice et à Gênes, 
suivant la vallée de l'IIuveaune, passe à là Pomme, à Saint-MaFcel, 
Saint-Menet, la Penne, Camp-Major, Aubagne, Cassis. Au delà de la 
Ciotat, il s'engage dans le Var, après un parcours de 40 kilomètres 
dans le département des Bouches-du-Rhône. 

6° Le chemin de fer de Marseille à Aix, dessert Sainte-Marthe, 
Saint-Antoine, Septèmes, Bouc, Simiane, Gardanne, Luynes et Aix : 
longueur, 55 kilomètres. 

7° La ligne d Aubagne à Valdonne (17 kilomètres) dessert Auba- 
gne, Pont-de-1'Étoile, Roquevaire, Auriol, la Bouilladisse et Valdonne. 



COMMERCE, CHEMINS DE FER, ROUTES.' 



43 



8° Le chemin de fer de Miramas à Cavaillon dessert Grans, Salon, 
Lamanon, Sénas, Orgon, et pénètre dans le département de Vauclusc 
en franchissant la Durancc sur un magnifique pont-viaduc en fer. Son 
parcours dans le département est de 51 kilomètres. 

9° La ligne secondaire de la gare du Prado à la ligne de Toulon 
a une longueur de 5 kilomètres. 

10° La ligne de la gare Maritime à la gare Saint-Charles (à Mar- 
seille) a une longueur de 5 kilomètres. 

11° Le chemin de fer du Pas-des-Lanciers à Martigues (19 kilo- 
mètres) dessert Gignac, Marignane, Chàteauneuf et la Mède. C'est un 
chemin d'intérêt local.' 




Viaduc de Saint-Chamas. 

12° Le chemin de fer de Tarascon à Saint-Remy a une longueur 
15 kilomètres (d'intérêt local). 

15° Le chemin de fer d'Arles à Fontvieille a une longueur de 
Il kil. (d'intérêt local). 

14° Le chemin de fer du Port-Vieux à la gare du Prado a une 
longueur de 5,716 mètres, dont 2,497 en souterrain. 

15° Le chemin de fer de Gardanne à Trets et à Carnoules, d'une 
longueur de 19 kilomètres, dessert la Barque-Fureau, Peynier et 
Trets. 

16° Embranchement d'Arles à Trinquetaille : longueur 2 kilo- 
mètres. 



44 BOUCHES-DU-RIIONE. 

Les voies de communication par terre comptent 3,875 kilomètres, 

savoir : 

16 chemins de fer 289 kil. 

5 routes nationales - '284 

20 routes départementales 415 

12 de grande communica- 
tion 304 

858 chemins vi-]20 de moyenne corn mu- 

cinaux \ nication 286 

1X26 de petite communi- 
cation 2,249 



2,899 



Au point de vue de la navigation intérieure, il faut citer : 

1 rivière navigable (Rhône) 85 

5 canaux de navigation (d'Arles à Bouc — De Bouc 
à Martigues — De la Tour Saint-Louis à la 
mer) 56 



XIII. — Dictionnaire des communes. 



Aix, 28,693 h., ch.-l. d'arrond., dans 
une plaine dominant la vallée de l'Arc. 
m — > Aix se divise en quatre parties : 
la ville neuve, la vieille ville, le quar- 
tier Saint-Louis et le faubourg. Le cours 
Mirabeau, est décoré de quatre fon- 
taines, dont l'une porte la statue du roi 
René, par David d'Angers (1825). Une 
autre, dite la fontaine chaude, donne 
constamment de l'eau tbermale. La 
fontaine des Quatre- Dauphins , dans 
une rue latérale, verse de l'eau mi- 
nérale chaude par deux bouches.— Une 
fontaine surmontée de statues décore 
la ■place de la Rotonde. — La cathé- 
drale Saint-Sauveur (mon. hist. i ) , 
dont le choeur date de 1285, la nef du 
xi' s. et le beau portail de 1476, 
renferme un magnifique triptyque du 
xv s. A côté subsistent les restes d'un 
beau cloître du xu e s. — L'église Saint- 
Jean-de-Malle (mon. hist.), bâtie vers 
1251, surmontée d'une belle flèche du 

1. On appelle monuments historiques les édi- 
fices reconnus officiellement comme présen- 
tant de l'intérêt au point de vue de l'histoire 
de l'art, et susceptibles, pour celte raison, 
d'être subventionnés par l'Etat. 



xv e s., possède les magnifiques tom- 
beaux des comtes de Provence , deux 
tableaux de Jouvenet et de Migttard, et 
une ancienne cloche fort belle.— Sainte- 
Madeleine (1705; façade récente), 
contient une Annonciation d'Albert 
Durer et une Vierge en marbre de 
Chastel. — Dans le palais archiépis- 
copal, on remarque la chapelle et la 
galerie des archevêques d'Aix. — 
L'hôtel de ville, d'ordres dorique et 
ionii|ue, renferme une statue en mar- 
bre du duc de Villars, par Coustou, une 
statue du roi llené, par David (d'An- 
gers) , une statue de Mirabeau et les 
boiseries de ses archives, sculptées par 
Toro. La tour de l'Horloge (mon. hist.) 
date de 1505.— La palais de justice (1822- 
1831) offre un péristyle décoré des sta- 
tues de Siméon et de l'ortalis.cn marbre, 
par Ramus. — L'hôtel de Thomassin- 
Saint-Paiil renferme les bureaux de 
l'Académie et la Faculté des lettres, 
près de l'ancienne Université, où siège 
la Faculté de droit. — L'école des arts 
et métiers, sévère construction de Vau- 
ban , peut recevoir 300 élèves. — Le 
petit séminaire, du style ogival, a été 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



bàli sur les dessins de M. Révoil. — 
Cilons encore : les greniers (bas-relief 
ju fronlon par Chaslel); la fontaine des 
Prêcheras, obélisque surmonté d'un ai- 
gle aux ailes éployées du même sculp- 
teur ; des maisons de la Renaissance et 
les bains de Sexlius (mon. bist.).— Le 
musée possède une Bataille de Salva- 



tor Rosa, un Guaspre-Poussin, un Gé- 
rard Segbers, et diverses antiquités. — 
La bibliothèque Méjanes (120,000 vo- 
lumes, nombreux manuscrits), magni- 
lique collection réunie par un simple 
particulier, qui en a fait don à la ville, 
est installée à l'hôtel de ville. 
Allauch, 3,104 h., c. de Marseille. 




Cloître de Saint-Sauveur, à Aix. 



m — y Chapelle de Notre-Dame du Châ- 
teau. — Deux tours carrées et pans de 
mur, restes de l'ancien village. 

Alleins, 1,086 h., c. d'Eyguières. 
m> — y Ancienne chapelle de Sainl-Pierre- 
ès-Liens , où l'on voit des bas-reliefs 
gallo-romains. — Porte de l'Horloge. — 
Silos gallo-romains, rue de la Baume. 

Arles, 25,093 h., ch.-l. d'arrond., en 



partie sur une colline dominant le 
Rhône.»» — y Dans les ruestoitueuses de 
celte ville, on est arrêté à chaque pas 
par des constructions ou des ruines qui 
attestent >>a splendeur passée. Telles 
sont : sur la place Royale , un obé- 
lisque (mon. bist., baut de IS" 1 ^), 
reste d'un grand cirque, seul obé- 
lisque monolithe qui ait été fait hors 



46 



BOUCHES-DU-RHONE. 



do l'Egypte ; dans le forum (aujour- 
d'hui Place des Hommes) , deux co- 
lonnes granitiques d'ordre corinthien, 
des fragments de la façade des Ther- 
mes et des substructions sous toutes 
les maisons voisines ; dans des con- 
structions modernes, près du Rhône, 
des vestiges de l'ancien palais de Con- 
stantin , entre autres un hémicycle 
percé de fenêtres ; une ligne de rem- 
parts romains, à l'est de la ville (porte 
et tours en ruines) ; des restes d'a- 
queducs, dans le rocher voisin de l'am- 
phithéâtre, à Barbegal et sur le chemin 
• de Mouriès, etc. — L'amphithéâtre (mon. 
hist.) est un vrai colosse de pierre, de 
forme ovale. La longueur de son axe 
est de 140 met., la largeur de 105; cha- 
que rang de portiques comprend 60 ar- 
cades cintrées d'inégales largeur. On 
évalue à 43 les rangs de gradins, et à 
25,000 le nombre des spectateurs qu'il 
pouvait contenir. Plusieurs tours de 
défense, dont trois subsistent, ont été 
construites au xi" et au xii a s. Il a été 
déblayé (1825) et réparé (1846-1847). 
— Le théâtre antique (mon. hist.), 
bâti près de l'amphithéâtre , sur le 
môme plan et dans les mêmes propor- 
tions que celui d'Orange, est moins 
bien conservé. II n'en reste qu'une 
porte latérale, cinq arcades, deux co- 
lonnes corinthiennes avec leurs chapi- 
teaux, le proscenium (l'avant-scène), 
l'orchestre, pavé de marbre, et les 
premiers gradins circulaires. Largeur 
102 m ,25 ; celle de la scène est de 9 met. 
On estime à 16,000 le nombre des 
spectateurs qu'il pouvait recevoir. — 
Les Aliscamps ou Champs-Elysées d'Ar- 
les (mon. hist.), vaste nécropole, célè- 
bre dans l'antiquité et au moyen âge, 
ne sont plus qu'une promenade plantée 
de peupliers, des deux côtés de la- 
quelle, sur une certaine longueur, sont 
disposés de curieux tombeaux antiques, 
chrétiens et païens. C'est dans cette 
enceinte que se trouvent l'église en 
ruine de Saint-Honorat, les chapelles 
de a Genouillade et de Saint- Accur se. 
— L'église autrefois primatiale de Saint- 
Trophime (mon. hist.) , restaurée de 
nos jours, a été fondée en 603, par 
saint Vigile, sur les ruines d'un pré- 



toire romain ; le chœur date du xv s. 
Son grand portail (xu° s.), orné de 
statues, est couronné par un fronton 
surbaissé dont les deux côtés reposent 
sur une corniche que soutiennent des 
consoles sculptées. Une colonne de gra- 
nit antique partage dans sa largeur la 
porte, que surmonte une grande et ma- 
gnifique arcade cintrée. Sur cette façade 
est sculpté tout un drame religieux. A 
l'intérieur (xi e s.), on remarque : une 
Lapidation de saint Etienne, tableau 
de Finsonius ; les fonts baptismaux; 
deux tombeaux antiques extraits des Alis- 
camps ; la chaire, formée de plusieurs 
débris de marbres antiques; une grande 
fresque de Visconti de Milan, représen- 
tant saint Trophime prêchant l'Évan- 
gile; une Assomption, en marbre blanc, 
un Christ an tombeau, scène composée 
de dix personnages, et plusieurs tom- 
beaux sculptés. — A côté de Saint-Tro- 
phime se trouve l'ancien cloître, en 
partie roman, en partie ogival, des cha- 
noines (mon. hist.), avec ses galeries de 
diverses époques et d'une grande ri- 
chesse de sculpture ; des colonnettes, 
des chapiteaux sont en marbre gris. 
— Notre-Dame - la- Major est une 
église romane, bâtie sur les ruines d'un 
temple de Cybèle, dont il ne reste que 
quelques parties des gros murs. — L'ab- 
baye de Saint - Césaire , aujourd'hui 
maison particulière, n'a conservé que 
deux chapelles, l'une du xi" s., l'autre 
plus ancienne. — La chapelle de Notre- 
Dame de l'Assomption ( aujourd'hui 
maison particulière) renferme une très- 
belle voûte ogivale sculptée. — L'hôtel 
de ville, construit en 1676, d'après un 
plan de Mansart, est un assez bel édi- 
iice. Dans le corps du bâtiment est en- 
gagée la tour de l'Horloge (1575), que 
couronne une petite coupole, servant 
de piédestal à une statue de Mars, en 
bronze, connue sous le nom de l'Homme 
de bronze. — Dans l'ancienne église 
ogivale de Sainte-Anne, très-riche mu- 
sée lapidaire. — Musée de tableaux ; 
muséum d'histoire naturelle ; biblio- 
thèque de 15,000 volumes dans l'hôtel 
de ville même. — Maisons de la Renais- 
sance. — Pont fixe tubulaire, sur le 
Rhône. — A 3 kilomètres nord-est d'Ar- 




Église Saint-Sauveur, à Aix. 



48 



BOUCIIES-DU-RHONE. 



les, célèbre abbai/f de Moiitmajour, 
fondée au vr* s., reconstruite dans les 
xi', xii* et xvn* s. et réparée en dernier 
lieu. Elle présente encore un aspect 
imposant ; l'église et le cloître (nom- 
breuses tombes armoriées) ont conservé 
leur caractère primitif malgré l'état 
d'abandon dans lequel ils sont restés 
longtemps et des réparations impor- 
tantes ; vaste crypte du xi° s. — Mont- 
majour a conservé sa belle tour de 
défense (1569), haute de 26mèî., ornée 



de bossages et couronnée de mâchicoulis 
(mon. hist.). — A 50 met. de l'abbaye, 
petite chapelle de Sainte-Croix (mon. 
ïiist.), charmant édifice de 1019. Non 
loin de là, dans le liane méridional de 
la colline, église souterraine de Saint- 
Pierre (confessionnal de saint Tro- 
pbime, creusé dans le roc). — Près de 
Montmajour s'élève la montagne de 
Cordes; à la base, restes d'anciens 
remparts ; au sommet, grotte des Fées, 
d'origine celtique. — Le chemin de fer 




gj Place Royale, église Saint-Trophime, Obélisque et hôtel de ville d'Arles 



franchit les marais d'Arles sur un grand 
viaduc, long de 769 met., bâti sur pi- 
lotis et formé de 51 arches de 21 met. 
d'ouverture et de 8 met. d'élévation. 

Aubagne , 8,027 h., ch.-l. de c. de 
Tarrond.de Marseille.»» — ^-Fontaine éle- 
vée à la mémoire de l'abbé Barthélémy. — 
Grotte de Garlaban, vallon de la Mas- 
que, quartier de Baudinard, admirable- 
ment cultivé. 

Aureille , 001 h., c. d'Eyguiêres. 
»» — >- Ruines d'un château. 



Auriol, 4,692 h., c. de Roqucvaire. 
m — y Restes d'antiquités romaines. — 
Tour de l'Horloge (xvi c s.). — Fabri- 
ques importantes. 

Aurons, 1,213 h., c. de Salon. 
m — >- Ancien château bâti sur des fon- 
dations romaines. — Aux environs, sur 
le mont Caronte , ruines de Saint- 
Pierre-de-Canon, ancienne maison de 
force tenue par les Observantins. 

Barben (La), 310 h., c. de Salon. 
m — >- Beau château des xv° et. xvi c s. 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



40 



Barbentane, 2,947 h., c. de Château- 
renard, m — y Au sommet de la colline;, 
ruines du château el belle tour du xiv" 
gièele. — Puits de 56 mot. de profon- 
deur, taillé dans le roc. — Fontaine du 
xiv s. — Chapelle <le Saint-Etienne de 
Mas-Liven et de SainUAndré-de-Baga- 
lance. — Porto de ville. 

Baux (Les), 300 h., e. de Saint- 
Rémy. <m — > Les remparts de ce vil- 
lage, ville jadis florissante, les maisons, 
dont la plupart ont des façades élégan- 



tes des xv et xvi 8 s., le château qui 
était, au x" s., le plus considérable de 
la Provence, ont été en grande partie 
taillés dans une pierre calcaire de na- 
ture friable qui présente les ruines les 
plus étranges. — L'église, des xu° et 
xv' s., possède nn sarcophage antique 
et une cuve baptismale du xi" s. — Stè- 
les des Trémaié et des Gaie, avec bas- 
reliefs et inscriptions très -frustes. — 
Au fond d'un vallon, grotte des Fées, 
longue de "200 met. 




Cluilre Saint-Troplnme, à Arles. 



■ Belcodène ,' 210 h., c. de Roque- 
vaire. 

Berre, 2,056 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. d'Aix. m — >- Aux environs, 
ermitage de Notre-Dame de Caderot. — 
Ruines romaines à Moran. 

Bouc-Albertas, 1,062 h., c. de 
Gardanne. m — >- Château avec parc. 

Boulbon, 1,121 h., c. de Tarascon. 
m — > Château. — Ancien prieuré connu 
sous le nom de chapelle Saint-Marcelin, 
où l'on voit un magnifique mausolée 



et le portrait de Jean XXII. — Galerie 
de tableaux, du Pavillon. 

Cabriès , 965 h., c. de Gardanne. 
m> — >■ Ruines d'un château. 

Caban ne s, 1,509 h., c. d'Orgon. 

Carri- le -Rouet 557 h. , c. de 
Martigues, petit port. 

Cassis, 1,809 h., c. de la Ciotat, 

port de mer. m — >- Château du xiii" s. 

— Anse de Pormiou ; puits creusé dans 

eroc; source marine. — Mont Canaille; 

grotte du Regage. 



58 



BOUCHES-DU-RHONE. 



Charleval, 4,073 h., c. de Lam- 
besc. 
Ceyreste, 610 h., c. de la Ciotat. 

w» — >- Monument attribué aux Massa- 
liètes, consistant en un massif formant 
un polygone irrégulier (va être entiè- 
rement démoli). — Fontaine, dite ro- 
maine, construite par les Marseillais 
au moyen âge (mon. bist.). 

Chàteauneuf lès Martigues, 1,203 
h., c. de Martigues. 

Chàteauneuf-le-Rouge, 289 h., c. 
de Trets. 

Châteaurenard, 5,545 h., ch.-l., 
de c. de l'arrond. d'Arles, m — y Deux 
tours élevées ayant l'ait partie du châ- 
teau. — Ruines des églises de Saint-Sul- 
pice et de Saint-Honorat. 

Ciotat (La), port de mer, 10,058 b., 
ch.-l. de c. de l'arrond. de Marseille. 
m> — y Église du xvn« s. — Aux envi- 
rons, rocher appelé Bec de l'Aigle. 

Cornillon, 495 h., c. de Salon. 
m — y Vallon des Prés, défilé de 500 met. 
de large entre des rochers à pic, au 
fond duquel coule la Touloubre. 

Guges, 1,434 h., c. d'Aubagne.»» — >- 
Bois célèbre en Provence. 

Destrousse (La), 595 h. , c. de Ro- 
quevaire. 

Éguilles, 1,543 h., c. d'Aix. m — y 
Ruines d'un temple et d'un aqueduc 
romains à la Bastide-Forte. 

Eygalières, 1,555 h., c. d'Orgon. 
m — >-Ruines du château, où se trouvent 
un puits attribué aux Romains et di- 
vers fragments de sculpture. — Ruines 
d'un camp retranché nommé château 
vieux. — Ruines du château d'Ancise 
(XII e s.). 

Eyguières, 2,771 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. d'Arles, m — y Aux envi- 
rons, ruines du château féodal de Ro- 
quemartine. — Chapelle de Saint-Véré- 
dème. 

Eyragues, 2,361 h., c. de Château- 
renard, m — y Église fortifiée, attribuée 
aux Frères pontifes. 

Fontvieille,2,565h., c. (Est) d'Ar- 
es, m — >- Aux environs , ruines du 
château de MQntpahon. — Aux forges, 
bas-relief (mon. hist.) taillé dans le 
roc et représentant un autel votif, près 
duquel se tient un taureau destiné au 



de Trets. 
ch.-l. de c. 



de 



sacrifice. — Ancienne chapelle de Saint- 
Victor, qui appartenait à l'abbaye de 
Montmajour. 

Fos, 1,040 h., c. d'Istres. m—. y 
Château fort du xiv" s., élevé sur des 
fortifications romaines. — Église du 
xiii° s. (mon. hist.). — Chapelle du 

XIV e s. 

Fuveau, 5,069 h., c. 

Gardanne, 5,062 h., 
l'arrond. d'Aix. 

Gémenos, 1,534 h., c. d'Aubagne, 
à l'entrée du vallon de Saint-Pons. 
m — y Château du xvm" s. — Ruines 
de l'ancien village. — Chapelle de 
Saint-Martin (xn e s.). — Abbaye de Saint- 
Pons (mon. hist.), xur s. 

Gignac, 887 h., c. de Martigues. 
m — >- Ruines d'un château du ix" s. — 
Église Saint-Michel, du xi" s. 

Grans, 1,937 h., c. de Salon. 

Graveson, 1,600 h., c. de Château- 
renard, m — y Église remarquable du 
xn e s, — Clochera flèche pyramidale 
de 18 met. — Chapelle du Saint-Sépul- 
cre (XV e s.). 

Gréasque, 854 h., c. de Roquévaire. 

Istres, 3,849 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. d'Aix. m — y Grotte de l'abbé 
de Régis et vallon où se voit un ro- 
cher taillé en forme de vaisseau à la 
mémoire du bailli de Suffren. 

Jouques, 1,502 h., c. de Peyrolles. 
m> — y Ruines d'un château du xm e s. — 
Chapelle et ermitage de Sainte-Bâche. 

— Bassin de Couroublaon, près du 
Riaou. — Chapelle de Sainte-Confosse, 
au sommet du Grand-Sambuc. — Sour- 
ces des Boullidous, à Traconade. 

Lafare, 1,176 h., c. de Berre. 

Lamanon, 458 h., c. d'Eyguières. 
»» — y Vieux château (mon. hist.). — 
Sites de Calés ; grottes étagées et per- 
cées d'un grand nombre d'ouvertures. 

— Parc du château de Panisse. — 
Chapelles de Saint-Denis et de Saint- 
Jean. 

Lambesc, 2,829 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. d'Aix. »» > Restes de con- 
structions romaines à la Balme. — Tour 
de l'Horloge. 

Lançon, 1,663 h., c. de Salon, m — ► 
Le Bocher Bouge, au bas de la colline 
de Constantine. 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



5d 



Maillanne, 1,390 h., c. de Saint- 
Remy. m — ► Église paroissiale ; belle 
flèche ; autel en marbre magnifique et 
rétable représentant les disciples d'Em- 
maiïs. — Dans les archives, acte de 
l'année 1400, sur un rouleau de par- 
chemin long de 5 met., sur GO cent, de 
largeur. 

Mallemort, 2,130 h., c. d'Eyguières. 
m — ► Vieux château. — Notre-Dame 
du Plan. — La Synagogue (xvi e s.). — 
Pont suspendu sur la Durance (300 met. 
de long.). 

Marignane, 2,048 h., c. de Mar li- 
gues, m — y Église paroissiale, partie 
du xm e , partie du xvr 3 s. ; rétable cu- 
rieux. — Château seigneurial des com- 
tes de Mirabeau, du xvn° s. 

Marseille, 318,868 h., ch.-l. du 
département, sur la Méditerranée, l'an- 
tique Massalie puis Massilie; la troi- 
sième ville de France par sa popula- 
tion, la première par son importance 
maritime, m — y Les établissements 
maritimes de Marseille comprennent : 
le Port Vieux, et les bassins de la Ju- 
liette, des Docks, d'A?-enc, le bassin 
National , les bassins de radoub 
et ceux de la Gare maritime. On peut 
aussi comprendra dans le port de Mar- 
seille les deux bassins du Frioul : ce- 
lui de Pomègue et celui de Ratonneau. 
C'est dans ce dernier que se trouvent 
la Quarantaine et le Lazaret. D'im- 
menses travaux, nécessités par le dé- 
veloppement du commerce marseillais, 
projetés ou en cours d'exécution, feront 
de Marseille le plus vaste port du 
monde — Les docks, construits par la 
.Société des ports de Marseille, se divi- 
sent en deux parties : le dock de la 
Douane, inauguré le 1 er janvier 1864. et 
comprenant, outre les hangars de quai, 
quatorze magasins pouvant contenir 
ensemble 75,000 tonnes de marchandi- 
ses ; le dock du Commerce, qui se com- 
pose de dix magasins, d'une égale con- 
tenance de 75,000 tonHes. 2,700 mètres 
de quais, sur les bassins du Lazaret et 
d'Arenc, desservent ces docks. A côté, 
près de la gare maritime du chemin de 
1er, s'élèvent le bâtiment d'administra- 
tion, construit dans le style Louis XIII, 
et un entrepôt commercial pouvant re- 



cevoir 80,000 tonnes de marchandises. — 
Marseille a, jusqu'à un certain point, la 
forme d'un fer à cheval dont le creux 
est dessiné par le port, l'un des côtés 
parla vieille ville, et le côté rentrant 
ainsi que la section de cercle supérieure 
parla Villeneuve. Pâlie en amphithéâ- 
tre sur un terrain pierreux, elle se di- 
vise en trois parties principales. A l'o- 
rigine, la vieille cité, la cité des Phé- 
niciens et puis des Phocéens, s'élpvait 
sur la rive ouest du port, sur la colline. 
C'est aujourd'hui le séjour de l'indus- 
trie, de la population maritime et de la 
classe peu aisée, le quartier des purs 
Marseillais. Au moyen-âge s'établit une 
seconde ville, la ville épiscopale et en 
dernier lieu la ville abbatiale. Des ha- 
bitations, d'abord éparses , réunirent 
ces trois centres. Ce n'est qu'à la fin du 
siècle dernier que prit naissance la 
ville neuve, adossée à la colline qui 
porte le sanctuaire df> Notre-Dame de la 
Garde, et reliée aux deux autres aujour- 
d'hui par une immense artère qui tra- 
verse Marseille de l'est à l'ouest, en li- 
gne droite, prenant successivement les 
noms de rue d'Aix, de cours Belsnnce, 
de cours Saint-Louis, de rue de 
Rome et de Prado. 

Pendant que se construisaient les 
nouveaux bassins de la Joliotte , la col- 
line, sur laquelle était établi l'ancien 
Lazaret, a été nivelée (20 met. de liant., 
25hect.); sur son emplacement ainsi que 
snr les terrains enlevés à la mer, une 
nouvelle ville a été créée au nord de 
l'ancienne cité. Une grande et belle 
voie, appelée rue de la République, a 
été ouverte à travers la vieille ville, 
pour relier le Port-Vieux aux nouveaux 
bassins. Dans la partie centrale de la 
ville courent les belles rues Beauvau, 
Paradis et Saint-Ferréol. Puis vien- 
nent, selon leur ordre d'importance, les 
rues Montgrand, Grignan et de la 
Darse, parallèles à la Cannebière, et 
les rues Nicolas, Sylvabelle et Saint- 
Jacques, bordées de maisons semblables 
à des palais. Le magnifique canal qui 
porte à la ville, au port , à la banlieue, 
7 mètres cubes d'eau de la Durance par 
seconde, a permis d'établir 400 fon- 
taines et 1,800 bouches d'arrosage. La 



52 



«OliCHKS-DU-RIIOKE. 



Cannebière, qui commençait autrefois 
au Cours pour aboutir au port, a reçu 
une importante amélioration parl'élar- 
gissemenl de la rue Nouilles , ouverte 
dans son prolongement jusqu'aux Al- 
lées de Sfeilhan. Des constructions de 
luxe et des hôtels splendides ont élééle - 
vésdes deux côtés decelte nouvelle rue, 
qui a près d'un kilomètre de longueur. 

Marseille pos- 
sède un grand 
nombre de pla- 
ces : la place 
de In Bourse 
(colonne astro- 
nomique) ; — la 
place Saint - 
Ferréol; — la 
place de l'Hô- 
tel-de-Ville 
(fontaine sur- 
montée du bus- 
te du comte de 
Villeneuve, an- 
cien préfet du 
département) ; 

— la place 
Montyon; — la 
place des Mou- 
lins;— la place 
de la Rotonde; 

— hplace Neu- 
ve ; — la place 
Janguin ou 
place aux 
Œufs;— hpla- 
ce des Capuci- 
nes (fontaine 
surmontée d'un 
obélisque); — 
la place Castel- 
lane ( grand 
bassin circulai- 
re entourant un 
obélisque) ; — 
la place Saint- 
Michel, sur laquelle selientla foire de 
Saint-Lazare (15 jours à dater du 31 
août), et qui communique avec la par- 
tie basse de la ville, par le prolonge- 
ment de la rue Estelle, formé de rampes 
ou escaliers découpés en ovale avec 
massifs de verdure au centre et sur 
les côtés ; - la place Thiars ; etc. 



La nouvelle cathédrale, dessinée par 
Vaudoyer, et exécutée par MM. Espéran- 
dieu et Révoil. s'élève près de l'empla- 
cement d'un temple deBaal, en vue d 
la pleine mer. C'est une basilique du 
style byzantin, en forme de croix la- 
tine, presque entièrement bâtie en 
pierre verte de Florence et en pierre 
blanche de Fontvieille, et surmontée de 
cinq dômes. — 
L' 1 palais épis - 
copal, sur le 
port de la Ju- 
liette, est l'un 
des plus beaux 
de Fiance. — 
La célèbre cha- 
pelle de Notre- 
Dame de la 
Garde, sur la 
colline du mê- 
me nom, est un 
édifice romano- 
byzantin, cons- 
truit sur les 
plans de M.'Es- 
pérandieu. Un 
perron précède 
le portail, que 
surmonte un 
clocher haut de 
45 met., termi- 
né par une sta- 
tue colossale de 
la Vierge en 
bronze doré. 
L'intérieur de 
l'édifice ( une 
nef flanquée de 
trois chapelles, 
deux nefs laté- 
rales, transsept 
et abside, cou- 
pole à huit 
pans) est déco- 
ré de peintures 
murales de M. Millier. Tous les revêle- 
ments intérieurs de la chapelle sont en 
marbre blanc de Carrare, à l'excepti n 
des soubassements, en marbre rouge 
d'Afrique; les colonnes du transsept 
sont en marbre vert des Alpes. Au- 
dessous de l'édifice s'étend une chapelle 
pavée en mosaïque et décorée d'un autel 




Notre-D.ime de la]Garde, à Marseille. 



i;ï 



BOUCHES-DU-RHONE. 



en pierre de Florence. — Le Calvaire 
(1820) consiste en un vaste perron re- 
vêtu de roc ailles à l'intérieur, percé 
d'une chapelle souterraine et surmonté 
d'une terrasse sur laquelle s'élève la 
croix de mission. — L'église romano- 
ogivale de Saint-Victor, seul reste de 
l'abbaye du même nom, est flanquée de 
remparts et d'une tour carrée (1330). 
En 1809, des mosaïques fort belles et 
des peintures murales du xir" s. y ont 
été découvertes. On remarque une 
Vierge en prière, de Serres , et un 
Saint Joseph, de Papély. Dans les 
catacombes est conservée une Vierge 
noire du xiv" s. — Notre-Dame du 
Mont-Carmel (dans la vieille ville, près 
du boulevard des Dames), dont la re- 
construction fut commencée en 1003, se 
fait remarquer par l'élévation de sa 
voûte et les sculptures qui ornent le 
chœur, la chaire et la tribune de l'or- 
gue. — Saint-Laurent (1219), souvent 
remaniée, renferme un baldaquin en 
fer ciselé, au-dessus du maitre-autel, 
et des fonds baptismaux avec bas-relief 
du xm e s. — Notre-Dame du Mont 
(place du même nom), reconstruite en 
1825-24, possède un Christ, de Papéty, 
et plusieurs autres toiles , dont l'une 
(Saint Loup allant au devant d'Attila) 
est d'un mérite réel. — Saint-Cannat, 
consacrée en 1019 , renferme un beau 
maître-autel, attribué à Fortis, des 
tableaux de Serres et de P. Parrocel, 
etc. — Sainte-Marie-Madeleine (les 
Chartreux), près du jardin zoologique, 
bâtie en 1053, se distingue par son élé- 
gance et surtout par deux gracieux 
campaniles (Exaltation de sainte Ma- 
deleine, par Serres) . — L'église Saint- 
Vincent-de-Paul (entre le cours De- 
villiers et la rue Barbaroux) s'achève 
sua les plans de M. Pougnet, dans le 
style ogival du xui e s. — L'église mo- 
derne de la Sainte-Trinité (rue de la 
Palud) est l'une des plus riches de Mar- 
seille. — L'église Saint-Théodore (vue 
des Dominicaines), du xvn c s , renferme 
un Saint Jérôme de Zurbaran. — 
L'église Saint-Michel (quartier de la 
Plaine) est une construction récente 
dans le style ogival du xui e s. (belle 
chaire en bois sculpté). — L'église 



Saint-Joseph (rue Paradis, 140), éle- 
vée de 1853 à 1804 , est décorée d'un 
portique corinthien. — II. ne reste 
plus de l'ancienne église des Accoules 
(près de l'ancien palais de Justice, au- 
jourd'hui l'école de médecine) qu'un 
clocher dont la flèche domine tout Mar- 
seille. — Le temple israélite est une 
charmante construction des styles arabe 
et byzantin. — Le temple protestant 
(rue Grignan) est un joli petit édifice 
moderne. 

L'hôtel de ville, dont la façade, ornée 
de bas-reliefs et de sculptures, s'élève 
sur le quai du Port, offre, au-dessus 
de la grande porte, un écusson aux ar- 
mes de France, sculpté par Puget, mais 
remanié depuis (bel escalier en mar- 
bre ; belle vue du grand balcon).— L'hô- 
tel de la préfecture (façade principale 
sur la place Saint-Ferréol), construit de 
1801 à 1807 dans le style de la Renais- 
sance, par M. Martin, forme un parallé- 
logramme de 90 met. de larg. sur 
80 met. de prof. Les façades sont or- 
nées de statues et de bas-reliefs dus au 
ciseau des plus célèbres statuaires. 
L'escalier d'honneur est d'une rare 
magnificence — Le palais de Jus- 
tice (ancienne place Montyon) a été 
commencé en 1858, par M. Martin, et 
inauguré au mois d'octobre 1802. Un 
large perron de 25 marches précède le 
portique formé de six colonnes ioni- 
ques (sculptures allégoriques représen- 
tant, dans le fronton, la Justice , entre 
la Force et la Prudence, et, sous le 
péristyle, la Justice répressive et la 
Justice protectrice, par M. Guillaume). 
La salle des Fas-l'erdus est ornée de 
10 colonnes de marbre rouge du Lan- 
guedoc, supportant une galerie à la 
hauteur du premier étage (dans la 
voussure, sculptures de M. Gilbert re- 
présentant les grands législateurs, les 
personnages qui les ont secondés, et les 
vertus nécessaires aux magistrats). Le 
vestibule renferme plusieurs bustes de 
jurisconsultes. Les salles d'audience 
sont ornées de bas-reliefs de MM. Tru- 
phème, Ferrât et Chabaud. M. Travaux 
a sculpté dans les frontons des façades 
latérales les Tables de la loi, là Fer- 
meté et la Modération. — La Bourse 



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""■'fi* 111. 




56 



BOUCIIES-DU-RHONE. 



(en face de la place de la Bourse), con- 
struite de 1834 à 1860, au prix de 
9 millions, couvre une surface de 3,196 
mètres. — La façade principale offre un 
avant-corps percé de cinq grandes ar- 
cades (dans le vestibule, statues en 
marbre de la France et de Marseille; 
grand bas-relief de M. Toussaint). Sur 
les faces en arrière de cet avant-corps 
se voient deux bas-reliefs (le Génie de 
la navigation, le Génie du commerce 
et de l'industrie), par M. Guillaume, 
et, au-dessus, les statues de Pythéas 
et d' En thy mènes, par M. Ottin. Au cen- 
tre de l'avant-corps, une colonnade co- 
rintbienne supporte un attique sur- 
monté des armes de Marseille, soute- 
nues par l'Océan et la Méditerranée, 
œuvre de M. Toussaint. A l'intérieur, 
la salle principale, qui a 1,120 met. de 
superficie (100 met. de plus que celle 
de Paris), est bordée d'un double rang 
de galeries superposées (dans la vous- 
sure, bas-reliefs allégoriques de M. Gil- 
bert). 

Le palais des Arts de Longchamp 
s'élève sur la colline du même nom, au 
milieu d'une promenade publique à la- 
quelle a été annexé, en 1869, le Jardin 
zoologique. Ce magnifique édilice, con- 
struit de 1862 à 1870, par M. Espéran- 
dieu, dans le style de la Renaissance, 
est une des œuvres les mieux réussies 
de l'architecture moderne. Il se com- 
pose de deux corps de bâtiments à 
deux élages renfermant le musée de 
peinture et le muséum d'histoire natu- 
relle, et reliés entre eux par une colon- 
nade à jour, au milieu de laquelle se 
détache un château d'eau (groupe re- 
présentant la Durance entre la Vigne 
et le Blé, par M. Cavclier; cascade 
haute de 20 met.). Le tigre, la pan- 
thère et les deux lions qui décorent 
l'entrée du jardin sont de M. Barye. 
M. Lequesne a sculpté les deux tritons 
placés à droite et à gauche du château 
d'eau, les armes de la ville qui le do- 
minent et les génies des colonnes triom- 
phales. Des médaillons en bronze en- 
châssés dans le mur représentant Puget, 
Poussin, Aristote et Cuvier, et deux 
bustes, les créateurs du canal de Mar- 
seille, MM. Consolât, maire, et de Mont- 



richer, ingénieur. — L'.lrc de triom- 
phe (à la porte d'Aix), commencé en 
1S25 et achevé après 1850, est décoré 
de statues et de bas-reliefs, par David 
(d'Angers) et Ramey (les luttes de la 
France sous la République et ses vic- 
toires sous l'Empire). — La consigne, à 
l'extrémité du Port-Vieux (xvm c s), 
possède: une statue de saint /toc/», par 
Chardigny (sur la façade); un excellent 
bas-relief de Puget, la Peste de Milan; 
et, entre autres tableaux, un Saint 
Hoch priant pour les victimes de la 
peste, l'une des premières œuvres de 
David; Mgr de Belsunce distribuant des 
secours aux pestiférés, par Gérard ; le 
Dévouement du chevalier Roze, par 
Paulin Guérin; le choléra à bord de 
la Melpomène,\)nvH. Vernet; la frégate 
la Justice ayant la peste à bord, par 
Tanneur, etc. 

Nous signalerons encore : la manu- 
facture des tabacs, ouverte en 1867 et 
qui occupe une superficie de 2,600 met. 
carrés. Elle a coûté 2,800,000 francs; 
— le Mont-de-Piété (rue Petit-Saint- 
Jean), construit de 1855 à 1855, et fort 
bien aménagé pour sa destination ; — 
le château du Pharo ; l'école de Mé- 
decine (1745) ; — les casernes, dont la 
plus belle est la caserne Saint-Char- 
les, etc. — Le musée, installé dans une 
aile (escalier remarquable par son or- 
nementation) du palais de Longchamp, 
possède plus de 200 toiles. L'école ita- 
lienne y a pour représentants: le Bas- 
sano, le Caravage, les Carrache, leDo- 
miniquin, L. Giordano, le Guerch'm.le 
Guide, J. Romain, le Pérugin, Salvator 
Rosa,Ciinabuë,Benvenuto Tisio , Andréa 
dcl Sarto ; les écoles flamandes et hol- 
landaises: G. de Crayer, Van Dytk, J. 
Ilolbein, J. Ruysdaël, Skoot, Schalken, 
J.Jordaëns, Ruhens ; l'école française : 
An t. Coypel, Eustache Lesueur, Ph. de 
Cliampaigne, P. llignard, De Troy le 
père, Drouait, Nattier, Parrocel, Puget, 
Restout, Vien, L. Lagrcnée, etc.; l'école 
moderne : Courbet, Henri Regnault, 
de Curzon, Hanoteau, Dauzats, Isabey, 
Ary Scheffer, Hippolyte Bellangé, 
Zicm, etc. Le musée possède de plus 
une collection des œuvres de peintres 
provençaux anciens et modernes. — Le 








Illll llttllllllïllil 




RE?- 



58 



BOUCHES-DU-RIIONE. 



musée de sculpture renferme quelques 
plâtres moulés , des bas-reliefs , des 
bustes, etc. — Le musée d'archéologie, 
au Châtenu-Borély, renferme des frag- 
ments apportés de l'étranger par de ri- 
ches négociants, mais surtout des sta- 
tues phéniciennes, des tombeaux ro- 
mains ou chrétiens et une grande quan- 
tité d'objets trouvés à Marseille et dans 
les environs, — La bibliothèque, for- 
mée en 1793, possède 80,000 volumes 
et 1,500 manuscrits, parmi lesquels on 
remarque le Spéculum humante sal- 
vationis, manuscrit gothique avec enlu- 
minures du xv° s. — Le muséum d'his- 
toire naturelle, qui occupe l'aile sud du 
palais de Longchamp, comprend des col- 
lections d'entomologie, de crustacés, 
de mollusques, etc. — A la bibliothè- 
que est annexé un cabinet de mé- 
dailles, qui est une des collections les 
plus complètes qui existent (médailles 
marseillaises, en argent et en bronze, 
monnaies des comtes de Provence de- 
puis Boson, médailles grecques et ro- 
maines, etc.). — Les archives dépar- 
tementales sont un des dépôts les plus 
riches de la France. 

Les principales promenades de Mar- 
seille sont : les allées de Meilhan 
(jolie fontaine) ; — le Château-Boréiy, 
magnifique promenade vraiment digne 
d'une grande cité. Un champ de courses 
a été établi sur les pelouses le long de 
la mer; — les allées Capucines; — le 
cours Belsunce (fontaine et statue de 
Mgr de Belsunce, par Ramus) ; — le 
cours Saint-Louis (fontaine) ; — le 
boulevard du Nord (colonne surmon- 
tée d'une statue de la Vierge) ; — la 
plaine ou place Saint-Michel (V. ci- 
dessus); — le cours Pierre-Puget, 
aboutissant à la promenade de la Col- 
line, sur une petite colline (cascade; 
colonne surmontée du buste de Puget ; 
belle vue), et d'où l'on peut gagner No- 
tre-Dame de la Garde (F. ci-dessus); — 
le Prado, magnifique avenue ouverte 
entre la place de Borne et la mer (4 ki- 
lomètres de longueur ; belles villas ; 
Château des Fleurs, occupé par la 
Société du tir marseillais) : — la Cor- 
niche, magnifique route de voitures qui 
côtoie la mer (beaux points de vue) sur 



une longueur de 7 kilomètres, depuis 
le château du Pharo au nord jusqu'à la 
plage du Prado au sud. et sur une lar- 
geur variant de T2 à "25 mètres, suivant 
les difficultés du terrain (restaurant 
Roubion, entre la charmante villa Ta- 
labot, bâtie dans le style Louis Xlll, et 
le village d'Endoumo). 

Le Jardin zuologique (sur la décli- 
vité orientale du plateau de Long- 
champ), fondé en 1854, a 6 hectares de 
superficie. Il est divisé en deux parties 
réunies par un pont. Du plateau le plus 
élevé, on découvre un point de vue ma- 
gnifique. 

Nous devons signaler, dans les envi- 
rons de Marseille, en dehors même de 
son territoire : de nombreuses bastides 
(maisons de campagne ou cabanons) et 
des postes à feu recouverts de feuillage 
pour la chasse aux oiseaux ; — la tour 
Sainte, tour octogonale, haute de 
35 met., surmontée d'une statue colos- 
tale de la Vierge; à côté est une cha- 
pelle romane moderne ; — le château 
Saint-Joseph, occupé par le pensionnat 
des Dames du Sacré-Cœur;— la vallée 
des Aygalades (beau site) , le pavillon 
de chasse du roi René ; le château 
qui fut la demeure de Barras, et Ver- 
mitage, double grotte dans un rocher de 
tuf ; — le château des Tours (belle 
vue), dont les constructions primitives 
en ruine ont été remplacées par des 
constructions d'un style différent ; — 
le vallon de Séon-Saint- André, Séon- 
Saint-Henri et l'Estaque; — le vil- 
lage de Saint-Julien, (162 met.; vue 
magnifique); — les Camoins; — le 
château du roi a" Espagne (5kil.), ainsi 
nommé parce que Charles IV y demeura 
quelque temps en 1811 ; — dans un bois 
de pins qui l'avoisine , la fontaine 
d'Ivoire, où l'on voit un lierre magni- 
fique ; — la grotte de Saint-Michel- 
d' Eau- Douce, située sur le versant opposé 
de Marsilleveïre, à une très-grande 
hauteur, du côté de la mer, sommetau- 
quel fait suite une montagne grise et 
appelée tète de Puget, qui représente 
un gigantesque profil humain. Au-des- 
sus de Monlredon se trouve la Baume 
de Roland, grotte curieuse. — Les îles 
de Pomègue, deRatonneau et Vite d'If, 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



59 



dont le château , bâti par François I", 
a servi de prison d'État ; on y voit en- 
core la cellulo où Mirabeau fut enfermé. 

Martigues, 6,963 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. d'Aix.»» — y La ville, bâtie 
sur de petits îlots reliés par des ponts en 
pierre ou en fer, a été appelée la Venise 
provençale ; elle se divise en trois quar- 
tiers : Jonquières, l'Isle et Ferrières. 
— Église de l'Isle ; belle façade. — Belle 
promenade à Jonquières. 

Mas-Blanc (Le), 125 h., c. de Ta- 
rascon. m — >- Château de Paille. 



Maussanne, 1,567 h., c. de Saint- 
Rcmy. m — > Restes de voies romaines, 
d'aqueducs, de villas et de tombeaux. — 
Château de Monblane. 

Meyrargues, 1,117 h., c. de Pey- 
rolles. m — >- Beau château flanqué de 
tours, du ix" ou du x° s., sur une colline 
boisée. — Vestiges d'un aqueduc ro- 
main en briques, dans un vallon ro- 
cheux. 

Meyreuil, 768 h., c. d'Aix. m — > 
Aqueduc romain. — Château de Val- 
brillant. — Débris d'un autre château 




Port de Martigues. 



— Ruines d'une ancienne église. — 
Manoir de Rochefontaine ou de la Sau- 
rine ; pavillon élevé sur les plans de 
Puget. 

Mézoargues, 219 h., c. de Taras- 
con. m — >- Châteaux de plusieurs épo- 
ques. 

Mimet, 620 h., c. de Gardanne. 
m — ► Ermitage de Notre-Dame des An- 
ges, grotte avec église souterraine 
longue de plus de 60 mètres. — Belle 
vue. 



Miramas. 1,040 h., c. de Salon, 
sur un rocher percé de grottes et de 
cavernes et dominé par les ruines im- 
portantes d'un vieux château fort. 
»» — >■ Anciens canaux de dessèchement 
taillés à pic sans revêtement en maçon- 
nerie. 

Molléges, 761 h., c. d'Orgon.e» — > 
Église, ancienne dépendance d'une ab- 
baye de cisterciennes (mon. hist.) ; clo- 
cher curieux. — Ruines d'une forte- 
resse. — Chapelle des Pénitents. 



60 



BOUCHES-DU-IUIONE. 



Mouriès, 2,060 h., C. de Saint-Rémy. 
m — >- Enceinte celtique derrière les 
caisses Saint-Jean. — Ruines romaines 
à Servanne et à Malatertis. — Église 
Saint-Jacques. — Temple protestant. 

Noves, 2,018 h., c. de Chàleaure- 
îKii-il. m — *■ Paroisse Saint-Baudile, du 
xiv s. — Remparts percés de portes 
crénelées. — Tour de l'Horloge. — Sur 
la colline du Puech, chapelle de Notre- 
Dame-de-Phié ou des Sept-Douleurs, 
ancien couvent d'Observanlins aban- 
donné, au bord de la Durance (belle 
vue sur la Durance et les Alpines). — 
Sur une autre colline, ancien ermitjge 
et chapelle de Notre-Dame des Fonts de 
Vaquières, près de laquelle une source 
passe pour guérir les fièvres intermit- 
tentes. On a élevé en face une chapelle 
renfermant une statuette de la Vierge 
prétendue miraculeuse. 

Orgon, 2,789 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. d'Arles, m — >- Ruines d'un 
aqueduc romain. — Fortifications coin- 
prenant un espace de 57,700 mètres 
et renfermant l'ancien castrum Druen- 
tise, les débris d'un couvent d'Augustins, 
les ruines du château de Guise, et plus 
bas l'église paroissiale. — Maisons à fa- 
çades sculptées. — Tunnel du canal de 
Roisgelin. — Pont-viaduc en fer du che- 
min de fer de Miramas à Cavaillon. 
— Site très-pittoresque. 

Paradou, 720 h., c. de Saint-Rémy. 
m» — > Débris de l'aqueduc romain de 
Barbegal. — Tours de l'ancien château 
de Gastillon, sur la montagne nommée 
la Penne. 

Peypin, 752 h., c. de Roquevaire, 
m — >■ Ruines d'un château du xn e s. 

Pélissanne, 1,724 h., c. de Salon. 
m> — > Ruines d'un camp retranché sur la 
montagne deCarontc. — Ruines présu- 
mées de Pisavis, autour de la chapelle 
de Sainl-Jeande-Bernasse. 

Penne (La), 770 n., c. d'Aubagne. 
m — >■ Tour pyramidale (mon. hist.) de 
construction marseillaise, du xiv° s., 
faussement attribué aux Romains. — 
Château de la Baynarde. 

Pennes (Les), 2,015 h., c. de Gar- 
danne. m — > Ruines d'un château. — 
Ancienne inscription. — Statue représen- 
tant la Vierge allaitant l'Enfant Jésus, 



Peynier, 1,005 h., c. de Trets 
Ermitage de Saint-Pierre, chapelle du 
xii° s. 

Peyrolles , 1,194 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. d'Aix. m — >- Château. — 
Chapelle du Saint-Sépulcre (xiv° s.), 
renfermant un tableau peint sur bois. 

Port de-Bouc, 929 h., port de mer, 
c. de Martigues. m — >■ Fort de Bouc, 
renfermant une tour marseillaise du 

XIII e s. 

Puyloubier, 828 h., c. de Trets. 
m — >■ Buinqs d'un château féodal. — 
Eglise du xin" s. — Ermitage de Saint- 
Ser et chapelle du xi e s., bâtie dans une 
grotte. — Site pittoresque. 

Puy - Sainte - Réparade ( Le ) , 
1,420 h., c. de Peyrolles. m — >• Ruines 
romaines. — Ruines d'un château féo- 
dal.— Croix processionnelle en argent 
du xm e s., dans l'église paroissiale. 

Rognac, 842 h., c. de Berre. 

Rognes, 1,617 h., c. de Lambesc. 
»» — y Château (mon. hist.) bâti par les 
Templiers, dans lequel subsistent pres- 
que en entier la chapelle, les citernes 
et les souterrains. — Aux environs, tour 
de Tournefort. — Volcan éteint de 
Beaulieu. 

Rognonas, 1,582 h., c. de Château- 
renard. *» — >■ Dans l'église, vasque en 
pierre froide du iv e s., transformée en 
fonts baptismaux; tombeaux et restes de 
constructions romaines. — Pont du 
chemin de fer ; pont suspendu sur la 
Durance. 

Roque-d'Antheron (La), 1,605 h., 
c. de Lambesc. m — >- Château et parc 
magnifique. — Abbaye de Sylvacane qui 
est avec le portail de Saint-Tropbnne 
d'Arles et Montmajour, le spécimen le 
plus remarquable de l'architecture ro- 
mane dans le département. L'église 
se compose de trois nefs et d'un trans- 
sept. Les chapelles du transsept et cel- 
les du chevet sont terminées par des 
murs droits. A l'intérieur , l'abside 
principale est décorée d'une sorte de 
niche ogivale du xv" s., très-élégante. 
L'abbaye sert aujourd'hui de ferme. Le 
cloître, situé au nord de l'église, la 
salle capitulaire très-belle sont d'un 
style sévère. La partie nord des bâti- 
ments claustraux, renfermant le réfec- 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



01 



toire et la cuisine, est entièrement 
ogivale. Dans les jardins, au pied d'un 
rocher, jaillit une belle source. River- 
parties de l'abbaye viennent de subir 
d'importantes réparations. 

Roquefort, liiS h. ,'c. de la Ciotat. 
m — >- Ruines du château. - Cbâteau 
do Julhans, flanque de tours ; chapelle 
du xii" s. 

Roquevaire, 5,558 h., ch.-l. de c. 
m — >■ Beaux rochers. — Grande produc- 
tions de fruits. 

Rousset, 853 h., c. de Trets. 

Rove (Le), 755 h., c. de Martigues. 

Saint Andiol 1,170 h., c. d'Orgon. 
m — >• Dans l'église paroissiale, ancien 
mausolée, boiserie et chaire en noyer 
d'unbeau travail.— Château; beau parc. 

Saint-Antonin, 107 h., c. de Trets. 
m — > Restes d'un aqueduc romain. — 
A 2 kilomètres, ruines d'un hospice de 
Templiers. — Canaux de dessèchement 
taillés dans le roc. — Ruines de l'ancien 
château au pied de l'escarpement de 
Sainte- Victoire. 

Saint-Cannat, 1,535 h., c. de Lam- 
hesc. m — ►Ruines d'un château des évê- 
ques d'Aix. 

Saint Chamas, 2,814 h., c. d'Istres. 
m> — >- Sainl-Chamas est divisé en deux 
parties par la colline qui longe l'étang 
de Rerre. Du côté de l'étang, la colline 
est percée de grottes dont quelques- 
unes servent d'habitations. Au sommet 
s'élève la chapelle de Saint - Chamas 
(xW s.). — Auxenvirons, aumilieu d'une 
plaine traversée par la Toulouhre, est 
le pont Flavien, le pont antique le plus 
remarquable qui subsiste en France, 
moins peut-être par son arche unique, 
que par la belle conservation des deux 
arcs de triomphe d'ordre corinthien qui 
se dressent à ses extrémités. La lon- 
gueur du pont est de 21 m ,40, sa hau- 
teur de 7 met., sa largeur de 6°\20. — 
Viaduc du chemin de fer, composé de 
9 arches. 

Saintes-Mariés de la-Mer (Les) , 
926 h., ch.-l. de c. de l'arrond. d'Ar- 
les, m — >• Église fortiliée ( mon. 
hist. du xn" s.), restaurée en 1864; 
belles sculptures ; tombeaux des saintes 
Marie, mère de saint Jacques le Mineur, 
et Marie Salomé ; reliques nombreu- I 



ses; ex-voto innombrables des pèlerins; 
sous l'église, fontaine dont l'eau passe 
pour guérir de la rage. 

Saint-Estève- Janson , 158 h. , c. 
de Lainbesc. 

Saint-Marc, 159 h., c. d'Aix.»» — >- 
Ancien château et vigie. 

Saint -Mitre, 940 h., c. d'Istres. 
m — > Remparts du xv" s. — Tunnel de 
Citis. 

Saint-Paul-lès-Durance, 419 h., 
c. de l'eyrolles. m — >■ Château -fort de 
Cadarache ; grotte curieuse par ses bel- 
les congélations. —Ruines d'un hospice 
bâti par les Templiers. 

Saint-Remy , 5,999 h., ch.-l. de c. 
de Farrond. d'Arles. »» — > Beau clo- 
cher à flèche élancée, du xiv e s. — Maison 
de Michel iNostradamus. — Promenades 
et boulevards agréables. — Aux envi- 
rons, nombreuses traces du séjour des 
Romains. — A deux kilomètres, ruines 
de la ville antique de Glanum, détruite 
vers 480, par les Visigoths. Les seuls 
monuments restés debout sont un arc 
de triomphe et un mausolée, situés à 
12 met. l'un de l'autre. L'arc de triom- 
phe (mon. hist.), privé de Fattique, est 
formé d'une arcade peu élevée (7 m ,50 
sous voûte), mais bien proportionnée, 
avec une archivolte des plus gracieuses 
et des colonnes cannelées qui ont perdu 
leurs chapiteaux. La longueur totale de 
l'arc est de 15 m ,40snr o-.ôO de profon- 
deur etO m ,50de haut.; bas-reliefs d'un 
beau dessin, mutilés. Le mausolée (mon. 
hist.) s'élève, en forme de pyramide, 
sur un socle carré, qui mesure 6 n, ,50 
sur chaque face. Il se compose de deux 
étages ornés de pilastres, de frises, et 
de corniches, avec un couronnement de 
dix colonnes corinthiennes, dont l'en- 
tablement supporte une coupole. Au- 
dessus du piédestal règne une guir- 
lande, soutenue par trois génies. Le 
premier étage est décoré de quatre 
bas-reliefs frustes, mais dont les figu- 
res sont, pour la plupart, très-élégantes. 
Le deuxième étage est percé d'arcades. 
La frise offre des groupes de divinités 
ou de monstres marins, dont les ailes 
de chauve -souris sont remarquables. 
Dans la coupole sont placées deux sta- 
tues. Une inscription règne sur Farchi- 



62 



BOUCIIES-DU-RHONE. 



trave. Les savants sont de moins en 
moins d'accord au sujet de la date de 
sa construction et du personnage pour 
qui il a été élevé. Le mausolée est d'un 
caractère archaïque. On le regarde 
néanmoins comme moins ancien que 
l'autre édilice. Les bas -reliefs repré- 
sentent divers sujets empruntés peut- 
être à l'Enéide. Les deux monuments, 
selon quelques écrivains, se rappor- 
tent à la guerre des Gaules. 

Saint- Savournin, 1,555 h., c. de 
Roquevaire.»» — ^Extraction de lignites. 

Saint- Victoret, 475 h., c. de Mar- 
tigues. 

Salon, 7,021 h.,ch.-l. de c. de l'arrond. 
d'Aix. m — >- Restes de remparts (mon. 
hist.), tour crénelée, maisons anciennes. 
— Église Saint-Michel , du xm e s., bâtie 
par les Templiers. — Château construit 
par la reine Jeanne (xiv s.). — Église 
Saint-Laurent (mon. hist.), ancienne 
collégiale du xiv e s.; bénitier orné delà 
figure de saint Laurent, donné, dit-on, 
par Charlemagne ; Vierge en albâtre ; 
groupe en pierre du xiv e s., représen- 
tant l'Ensevelissement du Christ ; tom- 
beau de Nostradamus. — Hôtel de ville, 
en partie du xiv" s., renfermant une 
pierre milliaire (mon. hist.). — Fontaine 
monumentale élevée à la mémoire 
d'Adam de Crapponne. — Belles prome- 
nades. 

Sénas, 1,914 h., c. d'Orgon. m — > 
Aux environs : ruines de la Péagère 
du Rocher, château du xi" s. — Chapelle 
de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs , sur 
la colline de Cabre. — Église Saint- 
Amand. 

Septèmes, 2,024 h., c. de Gardanne. 
Fabriques de produits chimiques.»» — ► 
Château de Fabregoules. 

Simiane (1,071 h.), c. de Gardanne. 
m — >- Sur un roc élevé, tour du xm e s., 
carrée à l'intérieur , pentagonale à 
l'extérieur, qui domine le village et 
d'où l'on jouit d'une vue magnifique. 

Tarascon, 10,409 h., ch.-l. de c. 
sur le Rhône, m — > Le château du roi 
René (mon. hist.), élevé au xv e s. sur 
les ruines d'un château de 1291, est l'é- 
difice féodal le plus remarquable du dé- 
partement. Bâti sur un roc à pic, il pré- 
sente à l'extérieur une masse imposante 



percée de croisées. L'intérieur renferme 
de très-belles salles dont les plafonds 
en bois peint sont parfaitement conser- 
vés, et une petite pièce dont les murs 
sont couverts de dessins gravés dans la 
pierre et représentant des navires de 
toutes les formes, des xv et xvi° s., 
et des châteaux. — L'église ogivale 
Sainte- Marthe (mon. hist.), a été éle- 
vée, dit-on, de 1187 à 1216 sur les rui- 
nes d'un temple romain et reconstruite 
vers la fin du xiv° s. II. ne reste de l'é- 
difice primitif qu'un porche donnant 
entrée dans la crypte et le portail du 
midi (colonnes de marbre à chapiteaux 
historiés). Cette église (beau clocher 
avec flèche en pierre) possède 17 ta- 
bleaux de Vien (vie de sainte Marthe) 
et d'autres peintures de^Vanloo, Pierre 
Parrocel et Mignard. Au bas de la nef, 
un bas-relief gallo-romain représente 
la Multiplication des pains et Jésus au 
milieu des Apôtres ; dans la crypte, qu 
a perdu son caractère primitif, on re- 
marque le tombeau de Cossa, gouver- 
neur de Provence pour le roi René 
(c'est un monument de la Renaissance 
italienne du xv° s.), un autel antique et 
le tombeau de sainte Marthe, refaits 
dans les temps modernes. Dans l'église 
Saint-Jacques , tableau de Vanloo 
(sainte Marthe domptant la Tarasque, 
monstre légendaire dont la défaite est 
célébrée chaque année). — A4 kil. de 
la ville, chapelle Saint-Gabriel (mon. 
hist.), datant del'époquecarlovingienne. 
— Les autres monuments ou curiosités 
de Tarascon : les promenades du Cours 
et de la Chaussée', la rue des Arcades, 
bordée de portiques; le viaduc qui tra- 
verse le Rhône et relie l'embranche- 
ment de Cette au chemin de fer de Lyon 
à Marseille; — un beau pont suspendu. 

Tholonet (Le) , 510 h., c. (Nord) 
d'Aix. m — >■ Château et parc dominés 
par de beaux rochers. — à 1 kil., arca- 
des romaines. — Sites pittoresques. 

Trets, 5,285 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. d'Aix. *»> — >- Ancien château; 
grand escalier; belles salles. — Tour 
carrée de l'église paroissiale ; à l'in- 
térieur, maître - autel et colonnes en 
marbre. — Remparts avec portes con- 
servés en partie. — Aux environs : er- 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



65 



mitage de Saint-Jean-Baptiste, attribué 
à saint Cassien. — Camps retranchés 
liguriens de l'Olympe (Oouripo) et du 
Pain de Munition. 
Vauvenargues , 386 h., c. d'Aix. 



Château flanqué de grosses tours 
du xiv" s., renfermant le réduit, reste 
présumé d'un château romain ; vastes 
appartements, ornés de meubles, d'ar- 
mures et de tableaux remarquables. — 




'^SÇS^g 



Portail de Sainte-Marthe, à Tarascon. 



Aux environs, gouffre de Garagai, 
dans lequel on prétend que Marius lit 
précipiter cent prisonniers de guerre. 
Autre gouffre sur le penchant opposé 



de la montagne. —Temple romain situé 
près du Délubré , composé de deux 
salles superposées et voûtées. 
Velaux, 1,014 h., c. de Berre.i 



64 



BOUCHES-DU-RHONE. 



Chapelle construite par les Templiers. 

— Aux environs, chapelle de Saint- 
Eutrope, sur un roc escarpé. — Ruines 
de \ 1 1 las romaines. 

Venelles, 676 h., c. d'Ail, m — >- 
Ruines de l'ancien château nommé Cas- 
telas. 

Ventabren, 1,121 h., c. de Berre. 
m — > Ruines romaines dans le quar- 
tier de Vont de Vicari. — Ruines d'un 
château du moyen âge. — Roquefavour, 
site le plus pittoresque du département. 

— L'aqueduc de Roquefavour, destiné 
à amener les eaux de la Durance à 
Marseille, surpasse tout ce que les Ro- 
mains ont laissé de plus merveilleux 
dans leurs travaux de voirie et laisse 
hien loin derrière lui le fameux pont du 
Gard. Ce dernier n'a que 269 met. de 
longueur et 49 met. environ de hau- 
teur totale, tandis que la hauteur de 
l'aqueduc de Roquefavour est de 82"', 
50, et sa longueur de 400 met. Ses trois 
étages d'arcades sont hien plus hardis 
et plus imposants : le premier étage a 
12 arcades, le second 15, le troisième 
55. Ce gigantesque monument, con- 
struit par l'ingénieur Montricher, relie 
deux montagnes entre lesquelles se 



creuse la partie la plus sauvage et la 
plus pittoresque de la vallée de l'Arc. 
— Ermitage de Saint-Honorat. 

Vernègues, 452 h., c. d'Eyguières. 
m — >- Église paroissiale et presbytère 
qui fut un prieuré. — Ruines d'un châ- 
teau de l'époque dite gallo-iomaine, 
sur le plateau de Puech de Vnloni, où 
l'on voit des tombeaux taillés dans le 
roc et une inscription romaine, et d'où 
l'on jouit d'une vue magnifique. — Le 
site de la Maison Basse, où l'on voit 
un remarquable édifice d'ordre corin- 
thien, que l'on pense avoir été un tem- 
ple grec, récemment réparé, est fort 
curieux à visiter. — Chapelle de Saint- 
Césaire, du x e s., attenant au temple. 

Verquières , 212 h., c. d'Orgon. 
m — > Église Saint-Vérédème, en forme 
de forteresse avec cloclier composé 
d'une tour ronde dans la partie infé- 
rieure et octogonale dans la partie supé- 
rieure. — Portrait original de saint 
Labre. 

Vitrolles, 1,082 h., c. de Berre. 
m- — >■ Escalier taillé dans le roc, con- 
duisant aux ruines de l'ancien château 
et à l'ermitage. — Tour élevée servant 
de clocher. — Beau point de vue. 



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